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François Fillon "ne voit pas" comment il pourrait être mis en examen

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Au dernier jour de sa visite à La Réunion, le candidat du parti Les Républicains à la présidentielle est revenu, auprès des journalistes, sur l'affaire des présumés emplois fictifs visant son épouse et ses enfants, se disant victime d'une "injustice profonde" et ne voit pas comment il pourrait être mis en examen.

Il met en garde la justice concernant sa prochaine décision. François Fillon, dans la tourmente des emplois présumés fictifs de son épouse, a déclaré ce lundi que "juridiquement", il ne voyait pas comment il pourrait être mis en examen, lors d'une visite à Saint-Denis de La Réunion.

Pense-t-il être mis en examen? "Juridiquement, je ne vois pas comment ça peut se produire. On serait dans une quasi voie de fait", a argué le candidat à la présidentielle devant des journalistes, alors qu'il avait réitéré dans le Journal du Dimanche son engagement à se retirer en cas de mise en examen.

"Situation anormale"

Selon le candidat de la droite à la présidentielle, "depuis le début, l'option est claire: éliminer le candidat légitimé par la primaire" de la droite. "Il y a un problème judiciaire absolument considérable", a-t-il assuré à propos de l'autosaisine de cette affaire par le Parquet national financier (PNF), dont ses avocats contestent la "légitimité" dans ce cas de figure.

"Ca pose un problème institutionnel si la justice peut aller jusqu'à contrôler la nature du travail parlementaire!", a également affirmé François Fillon, mettant ainsi en avant le principe de séparation des pouvoirs.

L'ex-Premier ministre estime être visé "par une injustice profonde". Cette "situation est totalement anormale", a-t-il également affirmé, regrettant avoir réagi au début de l'affaire en parlant de "misogynie", "une formule pas très heureuse". "Je suis parlementaire depuis 1981. Beaucoup de parlementaires travaillaient avec leur famille. J'ai peut-être pris plus de temps que d'autres à prendre la mesure de la défiance que ça suscitait chez les Français", a-t-il concédé. Mais "c'est parfaitement légal dans le cadre du fonctionnement parlementaire".

"Tribunal médiatique"

Le PNF a indiqué dimanche qu'"aucune décision n'(était) prise à ce stade de l'enquête" et qu'"aucun calendrier (n'était) fixé à ce jour". "Cette affaire, quelle que soit son origine, n'est pas arrivée tout seule. Et ça ne va pas s'arranger avec le travail des journalistes", a-t-il grincé, en dénonçant "un tribunal médiatique". Pour autant, "je ne fais pas siffler les journalistes", a-t-il tenu à réaffirmer.

Assurant que "le socle de l'électorat est solide", en dépit du "trouble dans l'opinion", il a assuré que "les gens choisiront (en fonction de) ce qu'il ont ressenti en moi: sincérité, courage et détermination". "Ma détermination est un gage de solidité", a-t-il insisté. "C'est d'abord une élection entre moi et les Français. A partir du moment où j'ai lancé ma campagne, c'est un train qui ne s'arrête pas".

A.S. avec AFP