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Crise chez Les Républicains: Gérard Larcher entre en scène

Gérard Larcher sur le perron de l'Elysée, le 11 mars 2019.

Gérard Larcher sur le perron de l'Elysée, le 11 mars 2019. - LUDOVIC MARIN / AFP

Deux jours après la démission de Laurent Wauquiez, le président du Sénat réunit ce mardi la droite et le centre à Paris pour préparer la reconstruction des Républicains.

Gérard Larcher entre en scène ce mardi. En pleine crise des Républicains, après la déroute aux élections européennes qui a poussé Laurent Wauquiez à démissionner, le président du Sénat réunit mardi à Paris plusieurs hiérarques de la droite et du centre pour initier un "chantier de reconstruction".

Ouverture vers le centre

Le rendez-vous est pris pour 17 heures dans un hôtel proche de la Tour Eiffel, en terrain neutre. Il avait été lancé par Gérard Larcher, qui écarte toute ambition personnelle, au surlendemain de la débâcle de LR (8,44%), et quelques heures après la proposition de Laurent Wauquiez de tenir des "états généraux" du parti "à la rentrée".

"Le statu quo ne peut être une réponse. Nous ne pouvons assister, spectateurs, à la désintégration de la droite et du centre qui seuls peuvent représenter une alternance crédible. Je ne peux m'y résoudre", écrit le président du Sénat dans sa lettre d'invitation.

Gérard Larcher a expliqué vouloir "reconstruire un projet qui rassemble la droite et le centre", qui sera "l'émanation de la diversité et de la richesse de nos territoires, de nos élus et de nos mouvements politiques".

"Ce rassemblement devra donner leur juste place aux diverses sensibilités qui ont toujours prévalu, aux alliances qui ont cimenté nos majorités et sans lesquelles aucune victoire n'aurait été possible", explique le sénateur des Yvelines.

Laurent Wauquiez présent

Répondront à l'appel de Gérard Larcher les présidents des groupes parlementaires LR au Sénat et à l'Assemblée ainsi que des groupes centristes Philippe Vigier (Libertés et Territoires, Assemblée) et Hervé Marseille (Union centriste, Sénat). Le président du groupe UDI-Agir-Indépendants Jean-Christophe Lagarde n'a pas donné suite à l'invitation.

Gérard Larcher a également convié les patrons des trois grandes associations de maires, de départements et de région ainsi que les présidents de régions de la droite et du centre. Parmi ces derniers figure Laurent Wauquiez, qui a accepté l'invitation.

A l'inverse, Xavier Bertrand, se fera remarquer par son absence. Le président des Hauts-de-France, qui avait claqué la porte de LR en décembre 2017 au lendemain de l'élection de Laurent Wauquiez, ne participera pas à la réunion mais un rendez-vous est programmé mercredi avec le président du Sénat, selon son entourage. "L'important, c'est qu'ils se parlent", insiste un proche de Gérard Larcher dans Le Parisien.

Une réunion "insuffisante"

Cette réunion de "reconstruction" intervient alors que l'aile droite de la majorité présidentielle multiplie les pressions sur les édiles LR à neuf mois des élections municipales. Le ministre Gérald Darmanin a ironisé sur la réunion de dirigeants de droite "dans des halls d'hôtel" pour savoir "qui va réorganiser le parti en attendant la prochaine défaite". Dimanche, le secrétaire d'Etat Sébastien Lecornu a enjoint les maires à "quitter LR".

L'initiative de Gérard Larcher, par ailleurs, n'épuise pas le débat interne au sein des Républicains. "C'est une démarche territorio-sénatoriale qui est intéressante, mais insuffisante, tout le monde en convient", juge un membre de la direction du parti.

"Je n'y vais pas pour assister à un ravalement de LR. Je veux qu'on ferme les boutiques existantes et que l'on crée une nouvelle boutique de la droite et du centre", prévient Dominique Bussereau dans Le Parisien.
Benjamin Rieth avec AFP