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Gilets jaunes: Macron "n'aura pas de seconde chance", prévient Larcher

Gérard Larcher prononçant un discours après avoir été réélu à la tête du Sénat le 2 octobre 2017.

Gérard Larcher prononçant un discours après avoir été réélu à la tête du Sénat le 2 octobre 2017. - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Selon le président du Sénat, les réponses du chef de l'État "ne pourront pas être uniquement cosmétiques ou purement institutionnelles".

S'il n'est pas systématiquement prononcé, le terme de "va-tout" est dans tous les esprits, à quelques jours des annonces post-grand débat national d'Emmanuel Macron. Le chef de l'État doit présenter son plan de sortie de crise des gilets jaunes après trois mois de discussion. Selon Gérard Larcher, il "n'aura pas de seconde chance". Les réponses "ne pourront pas être uniquement cosmétiques ou purement institutionnelles", affirme ce samedi le président du Sénat dans un entretien au Figaro.

La pression qui pèse sur les épaules du président est considérable. Après une semaine où le Premier ministre Édouard Philippe a préparé le terrain, notamment au Parlement, Emmanuel Macron va se trouver de nouveau en première ligne.

"Un nouveau souffle, pas des 'coups'"

"Le président va devoir annoncer certaines mesures dans un temps court et parallèlement lancer des chantiers de plus long terme au-delà des pulsions du moment", analyse Gérard Larcher.

"Il lui faudra faire preuve de pédagogie dans ses choix, présenter un calendrier et une méthode. Les Français ont besoin de confiance et de rassemblement, d'un nouveau souffle et pas de 'coups'", affirme le sénateur Les Républicains des Yvelines.

"Où ont été les jeunes?"

S'il estime que le débat "est un succès quantitafif" de manière "indéniable", il souligne que "ce n'est pas un grand sondage car le panel représentatif n'est pas réuni".

"Où ont été les jeunes et les quartiers? Pourquoi certains thèmes ont été occultés: le chômage, l'emploi, les relations sociales, la dépendance, l'immigration, la sécurité, l'école...? Heureusement, la santé s'est imposée", souligne Gérard Larcher.

Révision constitutionnelle, match retour?

Pour l'ancien ministre de Jacques Chirac, l'exercice "pourra être déclaré réussi s'il débouche sur des décisions concrètes qui devront se baser sur trois principes que les Français réclament": la citoyenneté, la proximité et la solidarité "ou pourquoi, dans notre pays le plus redistributif d'Europe, la remise en cause de nos services publics de l'éducation, de la santé, du logement, des transports est-elle si violente?"

Pour Gérard Larcher, le Sénat, dominé par l'opposition de droite, s'est préparé à la reprise, envisagée en juillet, de l'examen de la réforme constitutionnelle qui prévoit notamment la réduction du nombre de parlementaires. La réforme avait été suspendue par l'affaire Benalla.

"Il n'y aura pas de révision constitutionnelle contre le Sénat, étant donné qu'il ne peut y avoir de révision constitutionnelle sans le Sénat", avertit l'intéressé.
Jules Pecnard avec AFP