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Après le maire de Quimper, le maire de Saint-Cloud quitte à son tour Les Républicains

La droite enchaîne les déboires depuis sa défaite aux Européennes. Après le maire LR de Quimper, c'est au tour de l'élu de Saint-Cloud de rendre sa carte d'adhérent. Un nouveau coup dur pour le leader Laurent Wauquiez dont certains appellent à la démission.

Après la débâcle de LR aux Européennes, le parti ne convainc plus. Eric Berdoati, maire LR de Saint-Cloud, a annoncé qu'il quittait le groupe politique de Laurent Wauquiez regrettant que Les Républicains n'aient pas "pu et su renouer un dialogue constructif avec les Français", explique-t-il dans les colonnes du Journal du Dimanche.

"Au cours de ces deux dernières années, aucune vision d’avenir pour notre pays n'a été exprimée. Les valeurs, qui ont toujours été défendues par la droite et le centre, la responsabilité, le travail, le mérite, sont absentes de toutes réflexions", a déploré Eric Berdoati, jusqu’alors président du groupe LR au conseil départemental des Hauts-de-Seine.

LR, un parti "bunkérisé"

Attaché à sa ville, le maire préfère rester "sans appartenance partisane" face aux "vaines querelles" du parti qui "se déroulent en direct sur les chaînes d’information" et qui ont eu raison de son adhésion.

Nouveau coup dur pour Laurent Wauquiez qui a déjà essuyé vendredi le départ du maire LR de Quimper, Ludovic Jolivet. Amer, ce dernier déplore une absence de "boussole et de colonne vertébrale" chez LR. Le parti "s'est malheureusement 'bunkérisé', étiolé, et je me sens orphelin d'une droite et d'un centre modernes qu'incarnait en son temps l'UMP", poursuit Ludovic Jolivet, selon qui "le président de la République et le Premier ministre illustrent et développent des idées dont je me sens proche".

Ludovic Jolivet a été élu à la tête du chef-lieu du Finistère lors des dernières élections municipales de 2014. Il s'était déjà revendiqué comme "Macron-compatible", alors que plusieurs de ses adjoints à la mairie avaient indiqué qu'ils voteraient pour la liste portée par La République en Marche aux élections européennes.

Crise profonde

Ces départs des Républicains illustrent la profonde crise que connaît le parti depuis son désastre électoral de dimanche, après que la liste menée par François-Xavier Bellamy a essuyé le pire score de la droite républicaine sous la Ve République: 8,48%. Fragilisé, le patron Laurent Wauquiez a tenté de reprendre la main en suggérant des "états généraux" en septembre. Mais il doit affronter plusieurs initiatives de cadres de son parti, notamment du président du Sénat, ou de jeunes députés, qui lui ont lancé un ultimatum pour changer la gouvernance de la formation.

D'autres ont en outre plaidé pour une démission du président de LR: après Valérie Pécresse en début de semaine, le maire de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) Philippe Juvin, par ailleurs ancien eurodéputé, a exhorté Laurent Wauquiez à quitter son poste, dans une tribune parue vendredi dans Le Monde. Le ministre chargé des collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, a de son côté appelé les maires LR à suivre l’initiative de Ludovic Jolivet et Eric Berdoati en quittant le parti.

Ambre Lepoivre avec AFP