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Municipales à Paris: le dissident LaREM Villani va être reçu par Macron à l'Elysée ce dimanche

Emmanuel Macron et Cédric Villani à Paris, le 29 mars 2018

Emmanuel Macron et Cédric Villani à Paris, le 29 mars 2018 - AFP - Etienne Laurent

Le député mathématicien de l'Essonne suscite un agacement de plus en plus affiché au sein de la direction du mouvement présidentiel, au point que l'hypothèse d'une exclusion a été évoquée récemment.

Puisque Emmanuel Macron multiplie les références à Jacques Chirac, autant prolonger la comparaison. À l'instar de son lointain prédécesseur en 2001, l'actuel chef de l'État tarde à s'immiscer dans le duel fratricide qui oppose pourtant deux figures de son mouvement à Paris, dans le cadre des élections municipales.

S'apprête-t-il toutefois à envoyer des signaux? Le candidat dissident de La République en marche dans la capitale, Cédric Villani, sera reçu par Emmanuel Macron à l'Elysée, comme l'a confirmé l'entourage du candidat à BFM Paris, précisant que le rendez-vous aura lieu à 16h45 ce dimanche.

"Le président a adressé un message amical à Cédric", a confirmé l'entourage du mathématicien à l'Agence France-Presse (AFP), qui a décidé de se maintenir en vue du scrutin de mars après l'investiture de Benjamin Griveaux comme candidat officiel de LaREM.

Pas d'entrevue depuis deux mois

Cédric Villani et le président de la République se sont vus pour la dernière fois "lors des 80 ans du CNRS (fin novembre, NDLR), et avant en septembre lors d'une rencontre avec les parlementaires", a rappelé l'entourage du député de l'Essonne.

Au cours de cette dernière, le locataire de l'Elysée avait estimé que "ce qui est mortel en politique, c'est la division". Des propos qui "ne visaient pas Villani et (Emmanuel Macron) avait été satisfait de le voir présent" lors de la réception, avait alors précisé, à l'AFP, la présidence de la République.

Menaces trop tardives

Depuis plusieurs semaines, de nombreuses voix s'élèvent au sein de LaREM pour appeler à l'exclusion du dissident si celui-ci se maintenait dans la course pour Paris et déposait finalement ses propres listes fin février.

"Pour moi, l'exclusion, ce n'est pas dans l'ADN, ce n'est pas dans l'esprit d'En Marche!, ce n'est pas dans l'esprit du mouvement fondé par Emmanuel Macron et dans lequel je me suis engagé", a répliqué cette semaine.

"Moins de la moitié de mon électorat indique qu'il se reportait sur LaREM, dans le cas où je me désiste", a par ailleurs indiqué à l'AFP Cédric Villani. Un argument que l'intéressé martèle, études qualitatives à l'appui, pour illustrer le fait que son désistement profiterait davantage aux listes issues de la gauche qu'aux listes estampillées LaREM. 

Macron a ses "préférences"

L'absence de prise de position claire d'Emmanuel Macron dans la bataille parisienne, entre Benjamin Griveaux et Cédric Villani, a suscité des spéculations. Interrogé mi-janvier en marge de ses vœux à la presse, le chef de l'État a glissé qu'il avait "bien sûr" ses "préférences".

"À la fin, j'espère que l'intelligence collective et l'esprit de bienveillance l'emporteront", a-t-il fait valoir, confirmant une posture de surplomb dont il ne se dépare pas. Posture très chiraquienne, donc, mais qui en 2001 avait contribué à la déroute de la droite, divisée entre les candidatures de Jean Tiberi et Philippe Séguin. Une droite qui avait alors la mainmise sur Paris depuis près d'un quart de siècle.

Selon un sondage Ifop-Fiducial pour Le Journal du Dimanche et Sud radio paru le 18 janvier, Anne Hidalgo, la maire sortante socialiste, obtiendrait 25% des voix au premier tour devant la candidate Les Républicains Rachida Dati (19%). Les deux devancent donc Benjamin Griveaux (15%) et Cédric Villani (13%), à la lutte avec l'écologiste David Belliard (14%). 

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Emmanuel Macron

Jules Pecnard avec AFP