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Municipales à Paris: LaREM hausse le ton contre Villani

Cédric Villani et Benjamin Griveaux.

Cédric Villani et Benjamin Griveaux. - Joël Saget - AFP

Durant une réunion du bureau exécutif du mouvement macroniste, l'hypothèse d'une exclusion du candidat dissident a été évoquée en cas de maintien de celui-ci après la date butoir de dépôt des listes, le 27 février.

"Cette campagne est de pire en pire..." Cri du cœur d'un cadre de La République en marche lorsqu'on lui parle de la campagne municipale à Paris. Alors que Benjamin Griveaux - candidat officiel de LaREM - patine dans les sondages, son rival Cédric Villani s'obstine. De quoi inciter la direction du mouvement à accentuer la pression sur son député de l'Essonne, toujours membre de la majorité à l'Assemblée nationale.

Invité de RTL ce mercredi après-midi, le marcheur mathématicien a été interrogé là-dessus. La rue Sainte-Anne envisagerait de l'exclure s'il choisissait de se maintenir au-delà de la date limite des dépôts de liste, à savoir le 27 février - à peine deux semaines avant le premier tour. Scénario improbable, donc. Le sujet était au menu de la réunion du bureau exécutif de LaREM qui s'est tenue le 6 janvier. 

"Il y avait deux camps. Le premier, minoritaire, qui estimait que si l'objectif était d'éviter un dépôt de listes autonomes pro-Villani, il fallait le menacer en amont. Puis le second qui avait opté pour cette stratégie tardive. Bref, beaucoup de bruit pour pas grand-chose", soupire l'une des personnes présentes au "burex". 

Fusions de listes de plus en plus improbables

En clair, si rien n'est fixé sur le papier, le processus, lui, semble irrémédiable. "L'objectif final, ce n'est pas l'exclusion, mais maintenant que la menace a été prononcée, je pense que l'exclusion se fera le 27", prédit-on en interne. Car oui, la menace a filtré par le biais de RTL et d'Europe 1, la rendant on ne peut plus concrète. Et ce, en dépit des dénégations du camp Griveaux qui, interrogé par BFMTV, assure que la main est toujours tendue.

"Nous n'avons jamais demandé l'exclusion", avance un membre de l'entourage de l'ex-porte-parole du gouvernement auprès de BFMTV. Pourtant, le ministre Julien Denormandie a bien pris soin de rappeler mardi sur notre antenne que si Cédric Villani ne se ralliait pas à Benjamin Griveaux, LaREM perdrait Paris. 

Le problème, c'est que hausser le ton aussi tardivement, comme l'indique très justement un dirigeant LaREM, "rend encore plus difficile certaines fusions de listes" durant l'entre-deux-tours du scrutin. D'autant que, interrogé par BFMTV.com, Cédric Villani "n'exclut pas" de fusionner certaines de ses listes avec celles... de l'écologiste David Belliard. Tout en précisant, bien sûr, que ces considérations "politiciennes" ne sont pas (encore) à l'ordre du jour. 

"J'en serais triste"

Face à cette montée de tension au sein du parti, le mathématicien a tenté de botter en touche au micro de RTL. Des propos réitérés sur notre antenne ce mercredi soir: "Pour moi l'exclusion, ce n'est pas dans l'ADN d'En Marche, (...) ça rétrécit" Et de poursuivre: "Si cette décision d'exclusion se confirmait, j'en serais triste. Ça montrerait que ce qui aurait pu être un grand mouvement se conduit comme un vieux parti, avec tous les travers que ça représente."

"Ma candidature ne s'inscrit pas dans un mouvement contre la République en Marche", a t-il insisté. "Ce n'est pas une démarche contre, c'est une démarche pour: pour le progrès et pour Paris."

Bref, la situation semble bloquée d'ici au 27 février. Et pose également le problème des soutiens affichés de Cédric Villani. Notamment Hugues Renson, député de Paris et ancien candidat à la candidature LaREM, ou Paula Forteza, également parlementaire marcheuse et tête de liste villaniste dans le XIXe arrondissement de la capitale. 

Contacté par BFMTV.com, un membre de l'entourage du mathématicien affirme que ce dernier n'a fait mention d'aucune menace d'exclusion provenant de la direction du mouvement.

"Mais notre réponse est claire: pas de retrait (de Villani, ndlr). On ne dérive pas de notre cap. Ce serait contre-productif d'abord symboliquement pour LaREM, mais aussi électoralement. Plus de la moitié des électeurs de Villani ne voteraient pas pour Griveaux en cas de retrait", répond-on, études qualitatives à l'appui.

D'après celles-ci, ces électeurs se reporteraient davantage sur les listes d'Anne Hidalgo ou de David Belliard. De quoi illustrer la tenaille infernale dans laquelle se trouve Benjamin Griveaux. 

Jules Pecnard avec Anne Saurat-Dubois