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Taubira répond à Sarkozy: "La justice fait son travail"

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Christiane Taubira, la ministre de la Justice, était lundi matin l'invitée de Jean-Jacques Bourdin en direct sur BFMTV et sur RMC.

Invitée lundi matin sur BFMTV et sur RMC, Christiane Taubira, la garde des Sceaux, réagit pour la première fois aux attaques de Nicolas Sarkozy contre l'appareil judiciaire, l'ancien président visant explicitement l'exécutif.

# La réponse aux attaques de Sarkozy

Interrogée d'abord sur la mise en examen de Nicolas Sarkozy et les attaques de l'ancien chef de l'Etat contre l'appareil judiciaire, Christiane Taubira a souhaité rappeler que "tout justiciable a des voies de recours, il est possible de contester une décision. A ce stade, M. Sarkozy a la possibilité de saisir la chambre de l'instruction".

Nicolas Sarkozy a-t-il été humilié? "Il est aisé d'imaginer qu'une garde à vue est désagréable [mais] si les juges ont des raisons de considérer que la garde à vue est nécessaire, ils le font quel que soit le justiciable, et dans le respect du droit".

Quant aux critiques très vives formulées par Nicolas Sarkozy, la ministre de la Justice estime qu'"il porte une appréciation subjective. Si le droit n'a pas été respecté, il y a des voies de recours (...). M. Sarkozy, y compris lorsqu'il était président, a tenu des propos sur l'institution judiciaire et d'ailleurs sur d'autres institutions: il a critiqué aussi sans précaution les corps intermédiaires (...).

Ce lundi matin dans le Figaro, Claude Guéant, proche de Nicolas Sarkozy, affirme que la volonté d'abattre l'ancien président serait devenue "une obsession d'Etat". "Je ne vois pas quelle crédibilité on peut accorder à un tel propos. Ce sont des excès. La justice fait sont travail, nous sommes dans un Etat de droit! Je veux bien toutes les critiques, tous les débordements, mais la réalité c'est que nous sommes dans un Etat de droit. Les juges appliquent la loi".

Christiane Taubira conclut: "Il est dangereux de mettre en cause systématiquement les institutions, car ça les fragilise, et elles finissent par être dangereuses, y compris pour les puissants".

# "Le fonctionnement de la justice a changé"

Nicolas Sarkozy a accusé Christiane Taubira d'avoir menti à propos de l'affaire des écoutes réalisées sur ses communications en septembre 2013, la question étant de savoir à quel moment précis la ministre de la Justice en a été informée. "Le fonctionnement de la justice a changé", répond la garde des Sceaux. "Sous l'ancien quiquennat il y avait des instructions individuelles dans les procédures pénales, des démembrements de procédures, des déplacements de magistrats, des mises en cause de magistrats. Sous la responsabilité de François Hollande, les juges travaillent, au point qu'ils mettent sur écoute un ancien président de la République en septembre 2013, et qu'ils n'en informent la garde des Sceaux qu'en mars 2014".

Quand Henri Guaino demande l'interdiction du syndicalisme dans la magistrature, Christiane Taubira rappelle qu'"il y a une histoire du syndicalisme dans la justice, je ne le remets absolument pas en question".

Christiane Taubira a-t-elle pensé à démissionner? "Je ne vois pas pourquoi on me harcèle avec ça. Si je veux démissionner, je parle au président de la République et pas à vous monsieur Bourdin, et puis je démissionne! Ce n'est pas une maladie chronique!"

Interrogée enfin sur ses relations réputées orageuses avec Manuel Valls, notamment à propos de la réforme pénale, Christiane Taubira assure: "Nous nous sommes parlé, et ça n'a jamais cessé depuis le 17 mai 2012. Nous nous parlons, ce week-end encore!"

Alexandre Le Mer