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Macron: les raisons d'une chute de popularité quasi-inédite sous la Ve

Malgré l'effet lune de miel des premières semaines de quinquennat, la cote de popularité d'Emmanuel Macron chute à une rapidité quasi-inédite sous la Ve République.

Emmanuel Macron connaît une chute de popularité record auprès des Français. Trois sondages, coup sur coup, marquent un déclin dans l’opinion publique quasi-inédit sous la Ve République. 51% des Français lui font "confiance pour mener une bonne politique pour la France" dans la dernière étude Harris Interactive, 40% lui font confiance tout court dans le baromètre Elabe pour Les Echos et Radio Classique et le président récolte, de manière générale, 54% d’opinions positives dans le baromètre de l’exécutif Ifop-JDD.

Si Emmanuel Macron se maintient à 54%, c’est toutefois une chute de dix points par rapport au mois de juin. Un décrochage inédit depuis la première élection de Jacques Chirac, en 1995, où le président était passé de 59% à 44% d’opinions favorables entre mai et juillet. En comparaison, François Hollande était encore à 56% trois mois après son élection, et Nicolas Sarkozy caracolait à 66% en 2007.

Le début de quinquennat d’Emmanuel Macron a été marqué par plusieurs annonces fortes, qui ne sont pas sans conséquence dans l'opinion et la confiance des Français.

"Pour Emmanuel Macron, l'entrée dans l’atmosphère est brutale", observait Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l'Ifop, fin juillet dans le JDD. "Il subit le contrecoup de griefs divers, provenant de secteurs différents de la société."

Forte baisse de popularité chez les fonctionnaires

Il perd ainsi 18 points chez les fonctionnaires, après l’annonce du gel du point d'indice et le rétablissement du jour de carence pour les salariés du secteur public. La hausse de la CSG inquiète aussi les plus de 65 ans, où il perd 11 points de popularité.

"Tout le monde est d'accord pour les économies en général mais jamais en particulier, (...) c’est normal que ça râle", observait ce jeudi Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des comptes publics, sur notre antenne.

Mais les mesures prises par le gouvernement n’expliquent pas tout. "Les critiques portent aussi sur l'attitude d'Emmanuel Macron à l'égard du général de Villiers", analyse Jérôme Fourquet de l’Ifop, pour l’AFP. "Beaucoup y voient un excès d'autoritarisme conjugué au reniement de la parole donnée sur le budget de la défense."

"A cela, s'ajoutent, plutôt dans l'électorat de gauche, des critiques sur la réception en grande pompe à Paris de Vladimir Poutine et Donald Trump. D'une manière générale, Emmanuel Macron sort de l'état de grâce pour rentrer dans l'atmosphère et assumer le coût politique de ses arbitrages", explique le politologue.

Une cote de confiance en baisse

Et la cote de popularité du président de la République risque de ne pas s’arranger. Le baromètre de l’exécutif Ifop/JDD a été réalisé avant l’annonce, le 22 juillet, de la baisse de cinq euros des APL.

L’étude Harris Interactive pour Délits d’Opinion , menée du 25 au 27 juillet, confirme la tendance à la baisse, avec une chute de huit points en un mois dans la confiance que les Français accordent à leur président, pour une cote de confiance à 51%.

Dans le sondage Elabe pour Les Echos et Radio Classique, réalisé les 1er et 2 août, la cote de confiance du président enregistre un recul de cinq points en un mois. Ils ne sont plus que 40% à lui faire confiance "pour affronter efficacement les principaux problèmes". Et ce, avant l’annonce ce jeudi d’un rabot d’environ 300 millions d’euros sur les dotations aux collectivités territoriales.

Liv Audigane