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Gilets jaunes: Edouard Philippe envoyé au front pour gérer la crise

Le Premier ministre Edouard Philippe à Paris le 4 décembre 2018.

Le Premier ministre Edouard Philippe à Paris le 4 décembre 2018. - Ludovic Marin - AFP

Si le Président a bouleversé son agenda pour suivre la crise des gilets jaunes, c'est Edouard Philippe qui a été chargé du "dialogue" avec les différents partis et protestataires, au détriment de sa popularité auprès des Français.

"Macron, démission": si c'est le Premier ministre qui s'est exprimé ce mardi sur les mesures du gouvernement pour enrayer la crise des gilets jaunes, c'est du Président dont les protestataires attendent un geste

Emmanuel Macron a bien bouleversé son agenda en raison de la crise: il a reporté sa visite en Serbie, prévue mercredi et jeudi, ainsi qu'une réunion mardi avec des associations d'élus. Pourtant, depuis le 27 novembre où il "croyait comprendre cette colère sourde des citoyens" mais voulait maintenir un "cap juste et nécessaire", il ne s'est plus exprimé sur les revendications des gilets jaunes.

Dimanche, il s'est rendu aux Champs-Elysées pour constater les dégâts des violences de la veille, a salué le travail des forces de l'ordre mais n'a pas été au contact de quelques manifestants qui, comme sur de nombreux groupes de contestation en ligne, scandaient "Macron, démission". Dans un "souci constant de dialogue", il a demandé à son Premier ministre de recevoir chefs de partis et gilets jaunes.

Edouard Philippe chargé du "dialogue" avec politiques et contestataires

C'est donc Edouard Philippe qui a reçu les différentes têtes et délégations de parti lundi ainsi que la maire de Paris, et qui était censé rencontrer les gilets jaunes ce mardi avant que l'entrevue ne soit annulée.

Le Premier ministre pourrait-il servir de "fusible" en cas d'enlisement de la crise des gilets jaunes, si les mesures annoncées ce mardi ne satisfont pas les Français?

"La remise en question qui traverse le groupe parlementaire vise en creux Edouard Philippe", confirme dans l'Opinion un député de la majorité.

Une cote de confiance en recul

D'autres pointent une dissonance entre le discours du chef de l'Etat et celui du chef du gouvernement: "Il y a un discours empathique d'Emmanuel Macron le mardi qu'on ne retrouve pas dans l'intervention du Premier ministre le mercredi", souligne dans les colonnes du quotidien politique un autre élu LaREM.

Selon un sondage réalisé par Ifop-Fiducial pour Sud Radio et Paris Match les 29 et 30 novembre, donc avant la séquence des violences de samedi et de la réponse de l'exécutif, Edouard Philippe tombait à 26% d'approbation de la part des Français (contre 23% pour le Président), un score en recul de dix points en un mois (contre "seulement" six pour Emmanuel Macron).

S'il a affirmé ce mardi midi "avoir entendu la colère de la France qui travaille", il n'est pas sûr que les mesures annoncées par le Premier ministre lui permettent de regagner la confiance des Français. 
Liv Audigane