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Cazeneuve sur la COP21: "Il y aura des contrôles aux frontières"

Bernard Cazeneuve était vendredi matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et sur RMC. Le ministre de l'Intérieur a annoncé le rétablissement temporaire des contrôles aux frontières pendant la COP21, et a assuré que des interpellations auraient bientôt lieu après les graves incidents de Moirans, en Isère.

Invité vendredi matin sur BFMTV et RMC, Bernard Cazeneuve annonce que "la France va fermer ses frontières pendant quelques semaines" pour assurer la sécurité de la COP21, qui concentrera des dizaines de chefs d'Etat à Paris "dans un contexte de menace terroriste qui pourrait venir entacher cette grande manifestation internationale qui porte par ailleurs un grand message pour l'humanité". "Pendant un mois, nous allons établir des contrôles aux frontières, ce qui n'est pas du tout une suspension de Schengen, parce que Schengen permet de le faire dans des circonstances particulières".

Sur la question des migrants, Bernard Cazeneuve "veut faire monter en puissance Frontex aux frontières extérieures de l'Union européenne", et plaide pour un "corps de garde-frontières et de garde-côtes" européens.

A Calais, "le prochain comptage (de migrants, Ndlr) aura lieu mardi, mais nous avons assisté au cours des derniers jours à une diminution du nombre de migrants à Calais. (...) Calais n'a pas à supporter seule toutes ces difficultés. Dans un pays qui compte 36.000 communes, avec un peu de volonté et d'humanité, on peut répartir ceux qui sont à Calais. Il faut pour cela que tout le monde tire dans le même sens".

Des sociétés privées pour les radars embarqués

Bernard Cazeneuve confirme que l'Etat va continuer à assurer le contrôle des radars routiers, mais des réservistes de la gendarmerie ou, à défaut, des sociétés privées pourraient se voir confier des radars embarqués à bord de véhicules. "Compte tenu du fait que nous avons un problème de vitesse sur les routes, je souhaite que nous puissions accroître considérablement les contrôles. Et ces contrôles prennent beaucoup de temps pour les forces de l'ordre".

Contrairement à ce que propose Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Intérieur estime qu'il "n'est pas souhaitable que les services de sécurité se désengagent de leurs prérogatives régaliennes au profit de sociétés privées, c'est une très mauvaise idée".

"Il y aura des interpellations" à Moirans

Pourquoi aucune interpellation après les graves incidents de Moirans, en Isère? "Les interpellations sont conduites sous l'autorité du procureur. La droite a engagé sur ce sujet des polémiques qui n'avaient pas lieu d'être", tonne Bernard Cazeneuve. "La droite aurait été mieux inspirée, si elle est attachée à l'autorité de l'Etat, de remercier les gendarmes qui sont intervenus avec les policiers et les pompiers pour rétablir l'ordre en deux heures. Et je veux rappeler qu'il fut une époque où il y a eu des émeutes dans des quartiers sensibles pendant trois semaines, et qu'on a déclaré l'état d'urgence. A ce moment-là j'étais dans l'opposition, et je me suis abstenu de faire des commentaires hasardeux".

"Nous rétablissons l'ordre dans des conditions qui doivent éviter le moindre mort. Pour avoir vécu la tragédie de Sivens, je suis particulièrement attentif", ajoute Bernard Cazeneuve, dans une allusion à la mort de Rémi Fraisse.

Après les incidents de Moirans, "il y aura des interpellations parce que nous avons des éléments", affirme le ministre de l'Intérieur. Des personnes ont-elles déjà été interpellées? "Je n'ai pas à répondre à cette question", tranche Bernard Cazeneuve.