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Moirans: 15 jours après les émeutes, où en est l'enquête?

Le Premier ministre, Manuel Valls, se rend ce vendredi à Moirans, cette ville théâtre d'émeutes urbaines provoquées par les gens du voyage. Au lendemain de ces événements, le procureur de la République de Grenoble avait prévenu: l'enquête s'annonce "extrêmement difficile".

Le Premier ministre se rend ce vendredi dans cette commune de 8.000 habitants. Au cours de ce déplacement officiel, Manuel Valls a prévu de s’entretenir avec les victimes, le maire et les élus de la ville. Il rencontrera ensuite les forces de sécurité et les services de secours qui sont intervenus pour rétablir l’ordre. Sa visite initiale, prévue le 23 octobre dernier, avait dû être reportée en raison de l’accident de car de Puisseguin en Gironde.

Le 20 octobre, la petite ville de Moirans, en Isère, s'embrase. Pneus et véhicules incendiés, routes et voies SNCF bloquées, 125 trains arrêtés, jets de projectiles sur les forces de l'ordre, d'importantes dégradations, qui pourraient coûter des millions, sont causées par des membres de la communauté des gens du voyage après la décision de la justice de ne pas libérer un des leurs pour les obsèques de son petit frère

Laxisme de la justice?

Au lendemain de ces émeutes urbaines, le gouvernement avait mis en garde les auteurs de ces troubles assurant qu'ils "devraient s'attendre à être implacablement recherchés". Toutefois, le procureur de la République de Grenoble avait prévenu: l'enquête pour "vols, vols en réunion, destructions en réunion et destructions par incendie" s'annonce "extrêmement difficile". La plupart des émeutiers étaient cagoulés et portaient souvent des gants. Seuls quelques "éléments de police scientifique" ont pu être recueillis dont des traces ADN.

Après 15 jours d'investigations, a priori, aucune interpellation n'a eu lieu. Certains dénonceront une forme de laxisme de l'Etat, notamment après l'absence d'arrestations au moment même des émeutes. Jean-Paul Bonnet, le préfet de l'Isère, s'était alors exprimé sur France 3 à ce sujet. "Cela s'explique par les objectifs que j'avais fixé en matière de maintien de l'ordre: prendre ou reprendre le terrain, figer la situation, permettre l'intervention sécurisée des sapeurs-pompiers", détaillait-il. Ajoutant que les forces de l'ordre auraient "pu arrêter 20, 30 personnes".

"C'est facile vous savez. Elles auraient été relâchées au bout de deux heures", se justifiait-il.

Dossiers solides

L'enquête se poursuit donc à ce jour. Elle a été confiée au groupement de gendarmerie de l'Isère et à la section de recherche de Grenoble qui recueillent empreintes, traces ADN, vidéos, photos, témoignages, géolocalisation... La justice préfère constituer des dossiers solides pour prouver la culpabilité des émeutiers et se donnait alors un délais de deux ou trois mois avant de procéder aux premières arrestations.

"Dans deux mois, dans trois mois, dans six mois, quand tout sera apaisé, quand les meneurs qui auront pu être identifiés, même partiellement, se seront calmés, auront repris confiance, alors ils seront interpellés", analysait pour BFMTV René-Charles Querry, ancien commissaire de police.

J.C.