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Cazeneuve défend El Khomri: "Si on joue au Trivial Pursuit, l'un de nous peut perdre"

Invité vendredi matin sur BFMTV et RMC, le ministre de l'Intérieur a pris la défense de Myriam El Khomri, prise en défaut par Jean-Jacques Bourdin, la veille à la même place, sur la question du nombre de CDD renouvelables.

Myriam El Khomri? "C'est une fille épatante", commence Bernard Cazeneuve sur BFMTV et RMC, interrogé sur le mauvais moment passé la veille à la même place par la ministre du Travail, qui n'avait pas su préciser avec certitude le nombre de renouvellements possibles d'un CDD.

"C'est une fille qui a au plus profond du coeur de la sincérité. C'est une jeune femme qui travaille sans compter son temps, qui témoigne d'une grande compétence", assure le ministre de l'Intérieur. "Et vous savez, Jean-Jacques Bourdin, si on se met à jouer au Trivial Pursuit, l'un d'entre nous peut perdre, et ça n'aura aucune signification sur le niveau de compétence de l'un ou de l'autre".

"Si c'est votre émission, je peux partir"

L'atmosphère se tend brusquement sur le plateau: Jean-Jacques Bourdin ne "veut pas laisser passer" cette remarque du ministre de l'Intérieur. "Si c'est votre émission je peux partir!", réplique Bernard Cazeneuve. "Vous pouvez partir, c'est votre choix", poursuit le journaliste.

"Je suis un ministre qui travaille tout le temps. Mais il peut y avoir à un moment donné dans une émission, pour des raisons qui tiennent ici à de la fatigue, là à de l'émotion... mais ce n'est pas de l'ignorance. Myriam El Khomri n'est pas une jeune femme ignorante, ce n'est pas une ministre incompétente. Pourquoi faire tant de bruit?", s'agace Bernard Cazeneuve.

"Ca abîme des êtres"

"La politique, le travail de journaliste, le débat public, ne peut pas être systématiquement dans la convocation de la malveillance". Le ministre s'adresse alors à Jean-Jacques Bourdin: "Je ne parle pas de la vôtre, je parle de tous les commentaires qui ont eu lieu depuis que cet événement qui est un non-événement s'est déroulé à votre antenne. Ce qui s'est passé hier peut arriver à n'importe qui".

Le ministre de l'Intérieur laisse entendre que Myriam El Khomri s'est trouvée très affectée par son interview de jeudi matin. "Ca abîme des êtres... Je considère que ce n'est pas nécessaire d'abîmer des êtres. Ni des journalistes, ni des ministres. Parce qu'on peut avoir un haut niveau de débat public sans chercher à porter atteinte à l'autre. (...) Je vous confirme que tout ce qui se passe autour de ce non-événement blesse une personne".

Le gouvernement serre les rangs

"Vous avez le droit de poser toutes vos questions", reconnaît Bernard Cazeneuve. "Quand on est ministre, toutes les questions sont naturelles, (mais) je pense que ce qui se passe après cette interview d'hier autour de Myriam El Khomri n'est pas digne. Et si Myriam El Khomri était dans l'opposition, je prendrais plus de force encore pour défendre la personne en question, parce que la politique ce n'est pas cela".

Avant Bernard Cazeneuve et dès jeudi, la jeune ministre du Travail a reçu le soutien d'un autre poids lourd du gouvernement: Emmanuel Macron, qui partage avec elle son jeune âge, lui a recommandé "d'être elle-même. C'est ce que les Français attendent", selon LCP.fr. Myriam El Khomri a aussi reçu de nombreux textos de soutiens d'autres collègues du gouvernement.