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Mort de Rémi Fraisse: un an après, où en est l'enquête?

L'enquête sur la mort de Rémi Fraisse, ce botaniste de 21 ans mort le 26 octobre 2014 lors de heurts entre militants et gendarmes, est toujours en cours.

C'était il y a un an. Dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, Rémi Fraisse, un jeune botaniste de 21 ans décédait lors de heurts entre militants et gendarmes sur le site du barrage controversé de Sivens, dans le Tarn.

Tandis que la construction d'une retenue d'eau à Sivens (Tarn) reste envisagée, mais dans une version "light", un collectif, opposé au barrage, a appelé à une marche en hommage au jeune militant dimanche 25 octobre. Une opération interdite jeudi par la mairie de Lisle-sur-Tarn, la localité du chantier controversé du barrage de Sivens, au motif de risques de troubles à l'ordre public, selon les organisateurs et la préfecture.

De leur côté, les pro-barrage restent eux aussi mobilisés: l'interdiction concerne aussi une autre manifestation, prévue le même jour à Barat, à quelques kilomètres de là, par la FDSEA et les Jeunes agriculteurs, celle-ci en faveur du barrage. Les associations devaient se réunir dans la soirée et vendredi matin pour décider de la conduite à tenir.

> Que sait-on des circonstances de sa mort?

Dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, des heurts opposent des militants à des gendarmes venus "sécuriser" la "zone vie" du chantier du barrage, où ne restent plus qu'un Algeco et un groupe électrogène, détruits lors de premiers affrontements la veille.

Selon le compte-rendu de la gendarmerie, des "adversaires extrêmement déterminés" attaquent les forces de l'ordre. Vers 1h40 le 26 octobre, un gradé lance une grenade offensive sur "cinq opposants agressifs qui jettent constamment toutes sortes de projectiles", selon le rapport. Le compte-rendu indique qu'un manifestant "s'écroule" alors et est récupéré, inanimé.

Le "décès est constaté" juste avant 2 heures. Il s'agit de Rémi Fraisse, un botaniste de 21 ans, bénévole pour une association écologiste affiliée à France Nature Environnement (FNE).

> Qu'a conclu l'enquête administrative?

Dès la récupération du corps, les commandants font état de la "concomitance" du décès "avec un lancer de grenade offensive", théoriquement non mortelle mais depuis interdite.

Mais il ne s'agit alors que "de supputations", selon le rapport de l'Inspection générale de la gendarmerie (IGGN) rendu en décembre 2014. Ce dernier exonère le gendarme auteur du tir: "L'IGGN ne dispose pas d'éléments permettant de caractériser une faute professionnelle" du lanceur qui a "démontré sa volonté d'éviter de blesser un manifestant".

Ces conclusions sont qualifiées de "mensonges" par la défense de la famille de Rémi Fraisse, qui dénonce une tentative de dissimulation par la hiérarchie et le gouvernement. Les parents du jeune homme ont d'ailleurs lancé un appel à témoins, jeudi dans Le Monde, pour comprendre la mort de leur fils.

Parallèlement à l'enquête administrative, le parquet de Toulouse a ouvert une information judiciaire.

> Le gendarme auteur du tir a-t-il été inquiété?

Le gendarme qui a tiré la grenade offensive, exonéré par le rapport de l'Inspection général de la gendarmerie en décembre 2014, a été entendu en garde à vue par l'IGGN le 14 janvier 2015 avant d'être remis en liberté sans poursuites. Et il sera auditionné "dans les mois qui viennent" par les juges d'instruction chargés du dossier à Toulouse, a appris l'AFP de source judiciaire.

V.R. avec AFP