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Gilets jaunes: quels politiques vont participer à la manifestation du 1er décembre?

Un rassemblement de gilets jaunes à Rochefort le 24 novembre 2018

Un rassemblement de gilets jaunes à Rochefort le 24 novembre 2018 - XAVIER LEOTY / AFP

Les gilets jaunes ont lancé un appel à un "acte 3" ce samedi à Paris. Comme chaque semaine depuis le 17 novembre, les différents partis politiques scrutent chaque fait et geste du mouvement, et affichent leur soutien à des degrés différents. Certains dirigeants envisagent de se mêler au rassemblement dans les rues de la capitale.

C'est un mouvement qui se veut apolitique. Pourtant, certains partis n'hésitent pas à témoigner publiquement leur soutien aux gilets jaunes, quitte à être taxés de "récupération politique". Alors que les prises de positions étaient timides au lancement du mouvement, les langues se délient au fil des semaines.

Les gilets jaunes ont appelé à un nouveau rassemblement à Paris, ce samedi, auquel certains dirigeants politiques envisagent de participer. 

Le pas en avant de Jean-Luc Mélenchon

Il est le seul représentant politique a avoir clairement annoncé qu'il se mêlerait au cortège du 1er décembre sur les Champs-Elysées. Jean-Luc Mélenchon a annulé un déplacement au Mexique pour pouvoir participer à ce qu'il considère comme un "événement politique majeur". 

Mais le dirigeant de la France insoumise serait persona non grata dans les rues de la capitale. "Il va essayer de se mêler aux gilets jaunes, il n’est pas le bienvenu, certains lui ont dit 'on se passera de toi'", explique notre éditorialiste Christophe Barbier.

"Il a intérêt à se faire tout petit, à faire profil bas et à ne pas prendre la tête du cortège. (...) Comme souvent, celui qui a impulsé un mouvement se retrouve débordé par ce mouvement."

Car cette présence soudaine sur le terrain de Jean-Luc Mélenchon n'est pas le fruit du hasard. Pendant que les Gilets jaunes essayent de se structurer, la France insoumise est en pleine crise, avec des évictions, des baisses dans les sondages… En participant à ce rassemblement, le chef de file FI espère regagner un électorat en perdition. En ayant conscience que de nombreux manifestants partagent ses opinions.

"Quand il s’agit d'intellectualiser, ce sont les Mélenchonistes que l'on retrouve chez les gilets jaunes. La retraite à 60 ans, le Smic à 1300 euros nets, la 6e République, ces revendications ont la signature de la France insoumise", analyse Christophe Barbier. 

Comme Jean-Luc Mélenchon, le député de la Somme François Ruffin intensifie ses actions sur le terrain. Déjà présent lors des manifestations précédentes, il a tenu une assemblée générale jeudi soir Place de la République à Paris pour inciter les citadins à rejoindre les gilets jaunes lors de la manifestation de samedi, alors que le mouvement reste pour le moment essentiellement provincial.

Un soutien appuyé mais pas de manifestation pour Le Pen

"Pour moi, le rôle d’une dirigeante de parti politique ce n'est pas d'être dans la rue", déclarait Marine Le Pen dans les colonnes du Parisien le 13 novembre.

Depuis, sa position n'a pas évolué. La dirigeante du Rassemblement national continue à afficher son soutien aux gilets jaunes, mais refuse de prendre part aux manifestations. Elle a notamment appelé jeudi le gouvernement à autoriser les gilets jaunes à manifester sur les Champs-Elysées, pour leur donner une "forme de considération".

Comme Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen voit dans les gilets jaunes un coeur de cible pour les prochaines élections. Surtout que "sur le terrain, c’est un mouvement qui se radicalise vers la droite, on le voit bien dans sa sociologie, dans ses mots d’ordre", explique Christophe Barbier. 

La dirigeante RN pourrait donc bien sortir renforcée de cette période d'élan citoyen. "A chaque fois, Mélenchon est celui qui parle le plus fort, et c’est Le Pen qui rafle les voix aux élections. On va vers des élections où le RN peut gagner et rafler la mise", poursuit notre éditorialiste.

Samedi dernier, Marion Maréchal a été aperçue sur les Champs-Elysées aux côtés des gilets jaunes. Elle a déclaré dans les colonnes du Figaro n'avoir "pas pu s'en empêcher". "Je me suis dit que ça ferait un petit gilet jaune de plus", a-t-elle ajouté. La nièce de la présidente du RN pourrait donc bien à nouveau participer au rassemblement de ce 1er décembre. Le député du Gard Gilbert Collard, qui a également défilé la semaine passée, pourrait lui aussi être de la partie.

Des prises de position plus accentuées dans les autres partis

Plus les semaines passent, et moins les dirigeants politiques cachent leur plaisir de voir les gilets jaunes perturber la gouvernance d'Emmanuel Macron. Un temps prudent quant à la réponse à apporter au mouvement, Laurent Wauquiez multiplie désormais les sorties pour afficher son soutien au mouvement.

Le dirigeant LR, qui a soutenu les manifestants dans son fief du Puy-en-Velay (Haute-Loire) le 17 novembre, a choisi de ne pas se mêler au rassemblement du 24 novembre. Il n'a pour le moment pas encore communiqué sa prise de position sur la manifestation du 1er décembre, mais enchaîne les tweets en faveur des gilets jaunes, et les rencontres avec des manifestants qu'il dit "comprendre" et "soutenir".

De son côté, Nicolas Dupont-Aignan continue à faire monter la sauce. Le président de Debout la France soutient les gilets jaunes depuis ses prémices. Il s'affichait dès le 14 novembre vêtu d'un gilet jaune dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, et a manifesté lors des deux rassemblements précédents. Il pourrait donc à nouveau se joindre au cortège samedi.

Céline Penicaud