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La crise du carburant fracture Les Républicains

Laurent Wauquiez le 9 octobre 2018 au siège des Républicains

Laurent Wauquiez le 9 octobre 2018 au siège des Républicains - PHILIPPE LOPEZ / AFP

Les Républicains ne parviennent pas en interne à s’entendre sur la réponse à apporter à la hausse du prix du carburant. L’idée de la création d’un "chèque carburant" pour dissuader le gouvernement d’augmenter les taxes le 1er janvier 2019 semble avoir été abandonnée.

L'entente n'est pas au beau fixe chez les Républicains. Alors que la journée de mobilisation contre la hausse du prix du carburant se rapproche à grands pas, les élus de droite ne réussissent toujours pas à s'exprimer d'une seule voix sur ce sujet polémique.

Une conférence de presse annulée

Comme le rapporte RTL, les divergences sont telles au sein du parti que Laurent Wauquiez a été forcé d'annuler une conférence de presse qui devait être consacrée à ce thème. Le président LR souhaitait lors de cet événement demander officiellement à Emmanuel Macron de ne pas augmenter les taxes sur le carburant au 1er janvier 2019, comme cela est prévu. Il devait être accompagné de plusieurs cadres du parti lors de cette conférence, pour montrer l'unité des Républicains sur le sujet.

C'est en fait Bruno Retailleau, le président du groupe Les Républicains au Sénat, qui l'aurait dissuadé d'organiser cette conférence de presse ce dimanche. La raison? Il s'oppose fermement à l'idée avancée le jour même par deux cadres du parti de créer un "chèque carburant" pour répondre à la hausse des taxes annoncée par le gouvernement. 

Distorsions autour du "chèque carburant"

Les deux vice-présidents des Républicains Guillaume Peltier et Damien Abad ont en effet réclamé la mise en place d'un "chèque carburant" de 100 euros par mois pour les 13 millions de Français qui n'ont pas accès aux transports en commun, qui serait financé par une taxation des profits réalisés par les sociétés d'autoroutes, comme l'indique le JDD

Un temps séduit par l'idée, Laurent Wauquiez avait pour sa part proposé que cette initiative soit financée par les entreprises. Mais selon les calculs de RTL, cette mesure coûterait la modique somme de 15 milliards d’euros pour être mise en place. Une folie pour les cadres LR, dont certains font de la baisse des dépenses publiques une priorité à atteindre. 

Prudence autour du 17 novembre

L'idée a donc finalement été abandonnée, mais les distorsions continuent de faire rage au sein du parti. Si les membres s'accordent pour dire qu'il faut désormais rester concentré sur la hausse des taxes, aucune initiative concrète ne semble être mise sur la table. Et "ça ne suffira pas à résoudre le problème de la hausse du prix de l’essence", s'agace un cadre LR contacté par RTL. 

En attendant qu'une position claire soit prise, le parti préfère rester prudent sur son implication à la manifestation du 17 novembre contre la hausse du prix du carburant. Si Laurent Wauquiez a annoncé soutenir le mouvement, auquel il envisage de participer, les Républicains gardent des gants pour ne pas créer de confusion.

"On soutient le mouvement, pas les blocages", explique l'un d'eux au Parisien. "Il n'y a pas d'appel du parti pour le 17. On sent bien aussi que dans certaines zones le mouvement a été totalement récupéré par le FN", précise-t-il. La position du parti reste donc encore bien incertaine.

Céline Penicaud