BFMTV

Gilets jaunes: Macron expose Philippe pour mieux se protéger

Edouard Philippe en Haute-Vienne

Edouard Philippe en Haute-Vienne - BFMTV

La crise des gilets jaunes expose Edouard Philippe dans une position de bouclier d'Emmanuel Macron, voire de "bouc-émissaire" des ratés et des mauvaises nouvelles de l'exécutif.

Ce vendredi, le Premier ministre effectuait en Haute-Vienne son premier déplacement en province depuis les premières manifestations de la mi-novembre, à la rencontre des maires ruraux et des "gilets jaunes" du département.

“Edouard Philippe va au contact des gilets jaunes, il est dans une phase d’action, quelques heures après le vote à l’Assemblée des mesures d’urgences voulues par le gouvernement”, explique Nicolas Prissette, éditorialiste politique à BFMTV.

Pour ce dernier, “la visite dans la mairie de Limoges est une façon pour Edouard Philippe de tester ce que va être le grand débat national voulu par Emmanuel Macron”. “Il vient constater sur le terrain la volonté de dialogue des gilets jaunes”, précise l’éditorialiste. Dans la mairie, le Premier ministre a rencontré une quarantaine de maires des communes alentour, ainsi que cinq gilets jaunes choisis par le maire, en vue du "grand débat national" qui doit faire remonter les revendications d'un peu partout en France.

"Un nouveau premier ministre?"

Lors de ce délicat déplacement de terrain, le chef du gouvernement passait donc l'après-midi à... Limoges, ville emblème depuis la Première guerre mondiale des généraux "limogés" et punis. Pied de nez - involontaire jure son entourage - à ceux qui pronostiquent son proche départ? "Vous nous regretterez!", plaisante à moitié un conseiller, quand fleurissent dans la presse des listes d'hypothétiques successeurs, de Xavier Bertrand à François Bayrou en passant par Jean-Paul Delevoye, Jean-Michel Blanquer ou Jean-Yves Le Drian. Un nouveau Premier ministre? "Au plus tard aux Européennes", assurent beaucoup dans la majorité. "Et avant, en cas de nouvel accident", complètent les plus sceptiques.

Face à un mouvement qui s'en est beaucoup pris à lui, Emmanuel Macron cherche depuis deux semaines à déporter au maximum ce statut de "bouc-émissaire" sur son Premier ministre, confie un des proches du chef de l'Etat. "C'est le jeu, c'est ça la Ve République", reconnaît un conseiller.

V.A avec AFP