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Gilets jaunes: à quoi va ressembler le grand débat national? 

Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron. - BENOIT TESSIER / POOL / AFP

Le "grand débat", label donné à la concertation censée aider à la formulation des revendications des gilets jaunes et à leur application, est programmé pour les prochaines semaines. Ce mercredi, à la veille de l'annonce de ses modalités, ses contours apparaissent déjà.

Le dispositif du "grand débat", pour reprendre le nom donné à la concertation nationale qui doit faire émerger concrètement les aspirations des Français et faire sortir le pays de la crise des gilets jaunes, se dévoile peu à peu. Il apparaît tout d'abord qu'il sera divisé en deux phases.

L'Elysée l'a annoncé à l'issue d'une réunion ce mardi au "Château" entre le président de la République et douze ministres, remarquant que la première était déjà en cours: "La première phase, qui a déjà débuté et qui durera jusqu'à la mi-janvier, doit permettre de nourrir la dynamique portée au niveau des maires, qui ont déjà commencé à faire remonter le résultat de leurs échanges avec leurs administrés". 

Quatre grands axes

C'est donc à la mi-janvier que débutera la partie qui aura à charge d'impliquer directement les citoyens et ce, pendant deux mois, selon la temporalité décrite par l'exécutif. Quatre grands thèmes doivent nourrir les discussions alors: la transition écologique, la fiscalité, l'organisation de l'Etat, et un chapitre portant sur la démocratie et la citoyenneté. Le débat autour de l'immigration devrait être intégré à cette dernière thématique. 

Si on connaît les grandes lignes du contenu, un certain nombre de modalités restent à définir, comme les interlocuteurs mis en présence. C'est à la Commission nationale du débat public (CNDP) que revient la tâche d'en dire davantage. Elle le fera ce jeudi. Auparavant, samedi, sa présidente, l'ex-ministre Chantal Jouanno, a adressé une lettre à Matignon, en guise d'avertissement. La CNDP "veillera à ce que les réunions du 'grand débat' ne soient en aucun cas des meetings politiques, ni pour le gouvernement, ni pour la majorité", a-t-elle souligné. 

Des événements locaux 

Alors que l'on sait que le débat sera décentralisé, réparti en événements locaux, la réponse du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, permet de glaner une autre précision: les rendez-vous en question ne se feront pas en préfectures. "Si on voulait cornaquer le débat, le corseter, ça se ferait en préfecture avec le préfet en maître de cérémonie", a-t-il dit. 

Le débat, organisé en 2009 par Nicolas Sarkozy, sur l'identité nationale a d'ailleurs été désigné, à demi-mot, comme une sorte de repoussoir par le Premier ministre, Edouard Philippe. A l'époque, la consultation s'était installée dans les préfectures. 

Robin Verner