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Taxe Gafa: "Nous voulons aller chercher l’argent là où il se trouve", insiste Bruno Le Maire

Invité de BFMTV-RMC ce mercredi, le ministre de l'Économie a détaillé le fonctionnement de la taxe sur les géants du numérique qui sera mise en place l'année prochaine.

Bruno Le Maire porte la mesure depuis plusieurs mois: une taxe sur les géants du numérique, souvent appelée "taxe Gafa" en référence aux quatre sociétés américaines: Google, Apple, Facebook et Amazon. Et le gouvernement accélère, car les dernières mesures pour le pouvoir d'achat augmentent les dépenses prévues pour 2019 de 10 milliards d'euros.

Invité de BFMTV-RMC ce mercredi, le ministre de l'Économie a détaillé le fonctionnement de cette nouvelle taxe. Elle concernera uniquement les entreprises dont le chiffre d'affaires annuel est supérieur à 750 millions d'euros et son taux sera de 3%. La taxe ciblera les revenus issus de la publicité en ligne, de l'utilisation des données personnelles et des plateformes ou "marketplace" (comme Amazon, Cdiscount et Priceminister).

Ce qui fait la valeur aujourd'hui "c'est les données"

"Derrière cette question-là, ce que nous nous voulons c'est aller chercher l’argent là où il se trouve", a poursuivi Bruno Le Maire. Jugeant que l'économie est entrée dans une nouvelle ère, le ministre s'est interrogé: "Qu’est-ce qui fait la valeur aujourd'hui? C'est les données", a-t-il affirmé. Or, aujourd'hui, "ça n’est pas taxé où c’est taxé 14 points de moins que la boulangerie du coin où vous allez faire vos courses", a-t-il déploré.

En décidant d'instaurer la taxe Gafa dès janvier prochain, Bruno Le Maire devance les discussions au niveau européen. Face à la réticence de plusieurs de leurs partenaires, l'Allemagne et la France ont finalisé début décembre une proposition de taxe Gafa allégée, qui ne concernerait que les revenus tirés de la publicité en ligne. Sur cette base, Bruno Le Maire et son homologue allemand Olaf Scholz ont exhorté les ministres des Finances de l'Union européenne d'adopter ce texte d'ici mars 2019, pour une entrée en vigueur de la taxe au 1er janvier 2021.

"Je ne désespère pas d’avoir une solution européenne", a confié le ministre français sur notre antenne. "C'est une question de justice et d'efficacité. Si demain [...] nous voulons avoir les moyens pour financer les services publics, il faut aller chercher l’argent là où il se trouve", a-t-il martelé.

J.-C.C.