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Interpellé par des salariés, Édouard Philippe justifie la suppression de l'ISF

Interpellé sur la suppression de l'ISF par des salariés de l'usine Limdor de Saint-Yrieix (Haute-Vienne) qu'il visitait, le Premier ministre a défendu cette mesure en raison "d'inconvénients supérieurs à ses avantages". Il a rappelé qu'il venait de nommer la commission d'experts chargée d'évaluer l'impact de l'annulation de cet impôt.

En visite dans l'usine Limdor de Saint-Yrieix (Haute-Vienne), Édouard Philippe a été interpellé par des salariés sur les raisons de la suppression de l'ISF. "Il nous a semblé que les inconvénients qui s'attachaient à cet impôt sur la fortune étaient supérieurs à ses avantages. L'ISF, qui rapportait environ 5 milliards d'euros, a été transformé en un impôt sur la fortune immobilière qui rapporte à peu près un milliard" a tenu à rappeler en préambule le Premier ministre.

Ensuite, Édouard Philippe a argumenté en exposant les raisons qui ont conduit le gouvernement à supprimer l'ISF en 2017. "Au vu de l'expérience acquise sur cet impôt sur la fortune qui existe depuis plus de 30 ans, on a considéré que ses inconvénients étaient au nombre de trois. Tout d'abord, certains contribuables qui auraient dû être assujettis à l'ISF connaissaient très bien les règles créées pour éviter de le payer. Ensuite, beaucoup de gens ne voulant pas le payer ont quitté la France pour s'expatrier en Suisse, en Belgique ou à Londres. Ils ont été assez nombreux à partir et à ne plus payer l'ISF ce qui a aussi entraîné une perte de nombreux autres impôts. Résultat, on a perdu sans doute plus de richesses que ne rapportait l'ISF. Enfin, on a considéré que cet impôt nuisait à l'attractivité de l'économie française" a soutenu le chef du gouvernement.

Les investissements se sont beaucoup accrus depuis la fin 2017

Répondant à une salariée qui le questionnait sur les effets de la suppression de l'ISF, il a rappelé qu'il venait de nommer la commission d'experts qui va être chargée d'étudier précisément les effets de l'annulation de l'impôt sur la fortune.

Sans préjuger des conclusions de ces experts, le chef du gouvernement a déjà constaté un rebond des investissements étrangers dans l'Hexagone. "Au cours de la fin de l'année 2017 et de l'année 2018, on a vu le niveau des investissements étrangers en France s'accroître et même s'accroitre beaucoup. Avec ces investissements, des emplois seront créés et localisés sur notre territoire. C'est un point qui nous fait penser que nous sommes dans la bonne direction" a commenté le Premier ministre.

"Je mesure parfaitement le côté symbolique et impopulaire de la suppression de l'ISF. Je tiens aussi à faire remarquer que les personnes les plus riches paient aussi l'impôt sur le revenu et paient même la majeure partie de cet impôt" a conclu Édouard Philippe dans sa réponse.

F.Bergé