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Gilets jaunes: "Macron avait dit: 'qu'ils viennent me chercher'. C'est fait", déclare Mélenchon

Des CRS face aux manifestants, le 18 novembre 2018 près de l'Elysée à Paris.

Des CRS face aux manifestants, le 18 novembre 2018 près de l'Elysée à Paris. - Lucas Barioulet - AFP

Appels au calme, critiques de récupération et attaques contre Emmanuel Macron... Les politiques ont beaucoup réagi au mouvement des gilets jaunes.

Opposants et alliés d'Emmanuel Macron se sont exprimés tout au long de la journée pour réagir au mouvement des gilets jaunes, qui a réuni plus de 287.000 personnes dans toute la France ce samedi. Plusieurs incidents ont émaillé les blocages et manifestations, notamment la mort d'une femme en Savoie, percutée par une voiture.

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L'opposition qui soutient le mouvement

Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France insoumise a déclaré sur Twitter:

"Macron avait dit: 'qu'ils viennent me chercher'. C'est fait", rappelant ainsi les propos d'Emmanuel Macron cet été, à la suite de l'affaire Benalla. "A Paris devant l'Assemblée, nous entonnons l'hymne national avec les Marseillais" a-t-il ensuite écrit.

"Je souhaite que cette mobilisation permette une prise de conscience et que le gouvernement entende ce que les Français ont à lui dire" a déclaré Olivier Faure, premier secrétaire du PS, sur Franceinfo.

"Ce que les Français nous demandent, ce n'est pas de chercher à les récupérer, mais qu'on les entende, que l'on réponde à leurs souffrances. Leur revendication, c'est le pouvoir d'achat, mais c'est aussi la justice fiscale. Il faut tout remettre à plat, ne pas opposer l'écologie et le social comme le fait le gouvernement aujourd'hui", a poursuivi le chef du PS. 

Pour le mouvement Place publique (parti écologiste, pro-européen, citoyen créé par Raphaël Glucksmann), "la manifestation d'aujourd'hui contre la hausse du prix des carburants nous montre qu'en augmentant la fiscalité des carburants sans prendre en compte l'impact de cette mesure sur les revenus des Français, le gouvernement du 'Nouveau Monde' ignore le creusement des inégalités territoriales et sociales".

"Un mouvement qui ne doit pas être récupéré"

Laurent Wauquiez, président du parti Les Républicains était lui dans son fief du Puy-en-Velay (Haute-Loire), aux côtés des manifestants.

"C'est un mouvement des Français qui ne doit pas être récupéré mais qui a le droit d'avoir le soutien de tous les élus" a-t-il déclaré aux médias locaux. "J'espère de tout coeur que le président de la République va enfin les entendre".

"Au nom des députés LaREM je condamne la récupération par des forces politiques responsables du passé et du passif et des extrêmes sans projets ni avenir", a déclaré sur Twitter Gilles Le Gendre, président du groupe LREM à l'Assemblée Nationale. "La manifestation est un droit, la manipulation des peurs un déshonneur."

L'appel au calme après un mort

A la mi-journée, à la suite de la mort d'une femme en Savoie, le ministre de l'Intérieur a déclaré sur Twitter: "J'en appelle à la prudence, la vigilance et la responsabilité de tous, face au risque que fait courir l'organisation de rassemblements non déclarés sur la voie publique."

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France a publié un communiqué dans lequel il "dénonce l'instrumentalisation de ce drame faite par le gouvernement pour discréditer la mobilisation citoyenne du 17 novembre, mouvement populaire et apolitique. La mise en scène de Christophe Castaner est écoeurante. (...) Combien de morts faudra-t-il avant qu'Emmanuel Macron n'entende la détresse des Français?" 

Benoît Hamon, fondateur du mouvement Générations a appelé les Français au calme: "Face à la multiplication d'incidents, dont certains graves, j'appelle l'ensemble des manifestants, mais aussi des automobilistes et des forces de l'ordre à revenir au plus grand calme. (...) La priorité est de revenir au calme puis de poser les fondations d'une véritable transition écologique attentive à la révolte sincère contre l'injustice fiscale et sociale qu'expriment les Français."

Certains ont présenté leurs condoléances aux proches de la victime, comme la vice présidente du groupe MoDem à l'Assemblée Elodie Jacquier-Laforge. Sur Twitter elle a appelé "chacun à respecter les consignes de prudence et de sécurité pour que les droits de manifester et de circuler s’exercent librement".

Un mouvement "inoffensif" et "sans lendemain" pour Asselineau

Dans un communiqué, François Asselineau, président de l'UPR (Union populaire républicaine) et ancien candidat à l'élection présidentielle relativise l'importance du mouvement des gilets jaunes. Il déclare que la mobilisation était "très inférieure à ce qui avait été anticipé" et "ce mouvement est bien parti pour rejoindre tous les mouvements ultra-médiatisés, inoffensifs et sans lendemain qui ont parcouru la société française ces dernières années: 'les indignés', les 'bonnets rouges', 'jour de colère', 'nuit debout' ou encore la 'fête à Macron'".

Sa. V avec AFP