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"Qu'ils viennent le chercher": pour Schiappa, Macron s'adresse "à ceux qui en appellent à son expression"

La secrétaire d'État revient sur la déclaration du président de la République devant les parlementaires de la majorité, qui s'est exprimé sur l'affaire Benalla ce mardi. Emmanuel Macron se présente comme "responsable".

À qui Emmanuel Macron s'adressait-il? Marlène Schiappa, invitée ce mardi soir de BFMTV, revient sur la déclaration qu'a livrée le président de la République. Quelques heures plus tôt, il prenait la parole sur l'affaire Benalla après des jours de silence. Face aux députés de la majorité, réunis à la maison de l'Amérique latine à Paris, il se présentait comme "le responsable", et s'adressait à des détracteurs à l'identité floue:

"On ne peut pas être chef par beau temps et se soustraire lorsque le temps est difficile. S'ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu'ils viennent le chercher. Je réponds au peuple français."

Un "ils" qui pose question. Selon la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, le chef de l'État s'adressait à "tous ceux qui en appellent à son expression, et ceux qui réclament des scalps. Il a dit que nous ne sommes pas dans la République des fusibles et donc qu’il ne sert à rien de dresser des listes de têtes qu’il faudrait couper."

"Je ne sais pas à qui il s'adresse précisément"

Car plusieurs membres du gouvernements et hauts responsables ont semblé fragilisés ces derniers jours, notamment le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb ou le directeur de cabinet Patrick Strzoda, qui ont été auditionnés par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale. Mais avec ce "ils", Emmanuel Macron cherche-t-il également à s'adresser aux élus de l'opposition, évoquant à demi-mot l'éventualité d'une audition devant la commission d'enquête? 

"Je ne sais pas à qui il s'adresse précisément", déclare Marlène Schiappa. "Moi, ce que j'entends quand le président de la République dit 'le responsable, c'est moi, qu'ils viennent le chercher', je pense qu'il parle de tous ces gens qui établissent des listes."

Plus tard, l'entourage du chef de l'Etat a cependant précisé auprès de notre antenne: "Rien dans les propos du Président de la République ne doit laisser penser qu'il va se faire auditionner. Ça n'est pas son souhait et ça n'est pas possible d'un point de vue constitutionnel". 

Un message adressé à la majorité

Certains regrettent que le président se soit exprimé devant sa majorité, quand 3 Français sur 4 souhaitent qu'il s'exprime devant les Français selon le dernier sondage Elabe "L'Opinion en direct" pour BFMTV. "Parler devant les 60 millions de Français en même temps, ça va être un peu compliqué", ironise Marlène Schiappa, expliquant que les images sont diffusées "sur les réseaux sociaux". 

Depuis mercredi dernier, l'exécutif doit faire face à la publication d'une vidéo dans laquelle Alexandre Benalla, chargé de mission de l'Élysée, apparaît en train de frapper deux jeunes lors d'une manifestation le 1er mai. Des images d'autant plus surprenantes qu'il ne fait pas partie des forces de l'ordre et n'était présent qu'en qualité d'observateur. Sous le coup d'une procédure de licenciement depuis l'explosion de l'affaire, il n'avait d'abord été suspendu que 15 jours. 

Benjamin Pierret