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Benalla: stagiaire de troisième au Service de Protection des Hautes Personnalités

Alexandre Benalla le 16 juillet 2018

Alexandre Benalla le 16 juillet 2018 - Thomas SAMSON / AFP

Au cœur d'un scandale après avoir été filmé en train de frapper des manifestants lors du 1er-mai, Alexandre Benalla avait une vocation de longue date en tant que garde du corps de personnalités politiques.

Une première expérience professionnelle pour le moins amusante. L'Obs a pu consulter le CV d'Alexandre Benalla, chargé de mission à l'Élysée au cœur d'un scandale politique et judiciaire depuis qu'il a été reconnu en train d'agresser des manifestants en marge des manifestations du 1er-mai. Alors âgé de seulement quatorze ans, le fougueux collaborateur du président de la République avait passé quelques jours au Service de protection des hautes personnalités (SPHP), devenu depuis Service de la protection (SDLP).

Le CV consulté par l'hebdomadaire est celui qu'Alexandre Benalla avait transmis à Bercy en 2012, postulant pour devenir chauffeur d'Arnaud Montebourg, souhait qu'il avait vu exaucé. À la lecture de ce dernier, le journal décrit "un jeune homme doté d'une sacrée détermination, qui a toujours rêvé d'intégrer le cercle de la sécurité privée".

Maître du bluff

Plusieurs lignes de son CV semblent être exagérées, le plaçant dans un rôle de garde du corps ultra-qualifié, là où il semblerait n'avoir rempli que des missions de moindre importance. Il cite notamment son travail pour le Parti Socialiste, au sein duquel il a fait partie du dispositif de protection de la Première secrétaire (à l'époque Martine Aubry) et du candidat François Hollande.

Toutes ces lignes sont accompagnées de phrases décrivant les missions exercées, qui mettent en avant l'"organisation et mise en œuvre de la sécurité des meetings", ou encore l'organisation d'un stage pour le service d'ordre du PS, en présence "officielle du Service de Protection des Hautes Personnalités, de la Préfecture de Police de Paris".

Contactées par L'Obs, les personnes en question, dont Eric Plumer, l'ancien responsable de la sécurité au PS, citent un "rôle plus subalterne".

Un stage de troisième précurseur

Une ligne sur le CV attire l'attention, comme annonciatrice du futur à venir d'Alexandre Benalla. En 2006, à quatorze ans, il effectue un "Stage conventionné au Service de protection des hautes personnalités", information que L'Obs déclare être confirmée. Toutefois, il s'agissait alors d'un stage d'observation en troisième, d'une durée de trois jours.

Il aurait donc à l'époque déjà côtoyé de près l'unité chargée de la protection des personnalités, dont le président, au sein de laquelle on aurait retenu son "côté cowboy et son manque de respect à l'égard du travail des policiers", image qui lui aurait collé à la peau lorsqu'il a eu à travailler en proximité avec eux lors des campagnes des candidats François Hollande et Emmanuel Macron.

L.D.