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Qui est Alexandre Benalla, le collaborateur de Macron filmé en train de frapper un manifestant?

Alexandre Benalla aux côtés d'Emmanuel Macron lors du Salon de l'agriculture.

Alexandre Benalla aux côtés d'Emmanuel Macron lors du Salon de l'agriculture. - Capture BFMTV

Après les révélations du Monde mercredi soir, le parcours d'Alexandre Benalla se précise. Chargé de la sécurité d'Emmanuel Macron pendant la campagne, il est toujours en poste à l'Elysée, alors que le chef de l'Etat a eu connaissance de ses agissements le 1er mai.

Il est officiellement adjoint au chef de cabinet d'Emmanuel Macron. Comme l'a révélé Le Monde mercredi soir, Alexandre Benalla a été filmé le 1er mai en train de frapper un manifestant. Ce collaborateur du président de la République, chargé de mission à l'Elysée, qui n'est nullement policier, était alors muni d'un casque de police de maintien de l'ordre. Il a agi sous le regard des CRS, et avait été autorisé par le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron à participer à cette manifestation en tant qu"observateur". D'après des images tournées ce jour-là, il a aussi été aperçu muni d'un brassard "police".

Après ces premières révélations, alors que le palais présidentiel n'a pas démenti auprès de BFMTV les informations du quotidien, et que ses agissements avaient été rapportés au chef de l'Etat, Le Monde a tenté de retracer le parcours de cet homme, qui était chargé de la sécurité d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle.

Il a travaillé avec Aubry, Hollande et Montebourg

Toujours en poste à l'Elysée, Alexandre Benalla n'a écopé que d'une suspension de quinze jours après ces violences, et il a été replacé en interne à un poste administratif. Désormais, il gère l'organisation d'événements au sein du palais de l'Elysée, comme par exemple la venue des Bleus lundi après leurs victoire en finale de la Coupe du monde. D'après le quotidien du soir, Alexandre Benalla a commencé à travailler dans les cercles politiques en 2011, alors qu'il était âgé d'une vingtaine d'années.

D'abord en charge de la protection de Martine Aubry, il a ensuite été embauché dans le service d'ordre de François Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012. Arnaud Montebourg, qui l'a engagé comme chauffeur cette année-là, raconte s'être séparé de lui "au bout d'une semaine après une faute professionnelle d’une première gravité: il avait provoqué un accident de voiture en ma présence et voulait prendre la fuite", raconte l'ancien ministre à nos confrères.

Un Flash-Ball et des boucliers pour son équipe

C'est en 2016 qu'il rejoint la campagne d'Emmanuel Macron, après avoir suivi une semaine de formation de l’Institut des hautes études de la sécurité et de la justice (IHESJ) à l'école des officiers de la gendarmerie de Melun. Alors qu'il est à ce poste, plusieurs anecdotes retiennent l'attention.

D'après les documents de l'équipe de campagne qui ont fuité dans la presse, surnommés les "Macron leaks", Alexandre Benalla avait fait faire un devis pour deux pistolets à balles en caoutchouc, un Flash-Ball et des boucliers anti-émeutes pour son équipe. Une demande que le trésorier de la campagne, Cédric O, avait trouvée "dangereuse", et qui avait été refusée par le parti.

Une trappe pour cacher Macron pendant un meeting

Comme l'avait raconté Midi Libre en avril 2017, Alexandre Benalla avait aussi imaginé tout un dispositif de sécurité pour le meeting d'Emmanuel Macron à l'AccorHôtels Arena, devant 20.000 personnes.

"Notre directeur de la sécurité, Alexandre Benalla, avait imaginé un dispositif. Une trappe avait été sciée. En cas de tir, le pupitre devait basculer et Emmanuel Macron se retrouver dans la partie creuse de la scène où avait été placés un kit de secours et un gilet pare-balles", avait détaillé ans le quotidien local Ludovic Chaker, coordinateur des opérations de campagne du parti. 

Aucune enquête demandée par l'Elysée

Alexandre Benalla accompagnait aussi Emmanuel Macron lors de sa visite au Salon de l'agriculture, le jour où il a reçu un oeuf sur la tête. Lors de certains déplacements de campagne, des témoins cités par Le Monde rapportent notamment avoir vu le chargé de mission "soulever de terre et évacuer manu militari un photographe local, qui s’était approché de trop près" d'Emmanuel Macron, mais aussi s'en prendre "à un commissaire de police en tenue, accusé de ne pas libérer assez vite le passage au président de la République".

Depuis mercredi soir, l'Elysée garde officiellement le silence, mais les appels à la sanction se multiplient. Parmi les responsables politiques réclamant qu'Alexandre Benalla soit démis de ses fonctions, le sénateur PS Rachid Témal, les députés insoumis Eric Coquerel et Alexis Corbière, mais aussi la porte-parole des Républicains Laurence Sailliet. Beaucoup demandent également l'ouverture d'une enquête, ce qui n'avait pas été réclamé par l'Elysée au moment des faits. 

Charlie Vandekerkhove