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Affaire Benalla: "Le seul responsable, c'est moi", déclare Macron devant les députés LaRem

Emmanuel Macron a pris la parole ce mardi soir devant les parlementaires de la République en marche réunis à la Maison de l'Amérique latine. Il a dit assumer ses responsabilités dans l'affaire Benalla.

Ce n'est toujours pas une déclaration publique mais on s'en approche. Ce mardi soir, devant les parlementaires de la majorité réunis à la Maison de l'Amérique latine à Paris, Emmanuel Macron s'est enfin exprimé sur l'affaire Benalla, après six jours de mutisme (ou deux mois et demi, selon les appréciations). "Ce qu'il s'est passé le 1er mai, dans le cadre d'une fonction qui n'était pas la sienne à l'Elysée, celle d'observateur d'une intervention des forces de police, est grave, sérieux et a été pour moi une déception, une trahison", a-t-il dit.

"Ce n'est pas la République des fusibles" 

"Personne, personne auprès de moi ou dans mon cabinet n'a jamais été protégé ou soustrait aux règles, aux lois de la République, car c'est ce que nos concitoyens attendent de nous", a promis ensuite le chef de l'Etat.

"Ça n'est pas la République des fusibles, la République de la haine. On ne peut pas être chef par beau temps et s'y soustraire quand le temps est difficile. S'ils veulent un responsable, dites-leur, il est devant vous. Parce que le responsable, c'est moi et moi seul. Qu'ils viennent le chercher. Je réponds au peuple français", a-t-il poursuivi, devant les parlementaires qui lui sont favorables. 

Après avoir rendu hommage à son directeur de cabinet Patrick Strzoda, auditionné ce mardi par la commission des lois de l'Assemblée nationale, il a estimé: "Ce qu'attendent de nous les Français, c'est que chacun assume ses responsabilités". En revanche, il a fustigé un "pouvoir médiatique qui veut devenir le pouvoir judiciaire" selon lui, et a décidé de "fouler aux pieds un homme et avec lui, toute la République". 

Macron explique son silence 

Il s'est amusé de l'attente autour de sa parole. "D’abord, on n’est pas obligé de parler tout le temps. J’ai pris le pli de choisir les moments où je parle et à ne pas me les faire dicter. Je continuerai à procéder de la sorte", a-t-il commencé.

Il s'est aussi appuyé sur le lancement de procédures judiciaires: "Et quand on est président de la République, on ne parle pas quand la justice est en train de faire son travail."

Un moment d'ironie 

Emmanuel Macron a ensuite cherché à démentir des rumeurs, sur le ton de l'ironie. "Alexandre Benalla n’a jamais détenu les codes nucléaires. Alexandre Benalla n’a jamais occupé un 300 mètres carrés à l’Alma. Alexandre Benalla n’a jamais gagné 10.000 euro. Alexandre Benalla n’a jamais lui non plus été mon amant", a égrené le chef de l'Etat, en référence au soir de campagne présidentielle lors duquel il avait démenti avoir une liaison avec Mathieu Gallet. 

"C'est moi qui ai confirmé la sanction"

Evoquant plus directement Alexandre Benalla, il a déclaré: "C'est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. C'est moi qui ai confirmé la sanction." S'il a donc qualifié les agissements de ce dernier le 1er mai de "trahison", il n'a pas hésité à dresser par ailleurs un portrait plus élogieux de son ancien chargé de mission:

"Alexandre Benalla, c’est quelqu’un qui nous a accompagnés durant la campagne avec beaucoup de courage et d’engagement. Et c’est quelqu’un qui a permis à un moment où, sortant de nulle part, n’étant ni protégé ni aidé, ce qui est sans doute normal, ni par l’Etat, ni par les services publics, il était légitime d’avoir des gens qui organisent les déplacements, les réunions publiques." "Engagement" qu'Emmanuel Macron juge ne pas devoir oublier "quoiqu'il advienne", comme il l'a dit devant des parlementaires qui l'ont alors applaudi.

Une image écornée

Ses propos ont été abondamment relayés par les personnalités de La République en marche présentes, comme Bruno Fuchs, député élu dans le Haut-Rhin. 

Cette intervention présidentielle prend place alors que l'heure est grave pour Emmanuel Macron. Selon le sondage Elabe "L'opinion en direct" que nous avons publié ce mardi, 73% des Français pensent que cette polémique a écorné son image. 

Robin Verner