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Entrave à l'IVG, recherche embryonnaire, filiation: Fillon joue l'équilibriste

Sur RMC et BFMTV ce lundi, François Fillon a répété sa volonté d'abroger le délit d'entrave numérique à l'IVG, mais s'est prononcé en faveur de la recherche embryonnaire.

La chèvre et le chou: sur la recherche embryonnaire, le délit d'entrave numérique à l'IVG ou la filiation, sujets sensibles pour l'électorat catholique qui constituait l'une des clefs de la réussite de François Fillon à la primaire de la droite, le candidat Les Républicains a joué l'équilibriste. Il alterne donc entre gages aux traditionalistes de Sens commun et pondération du rassembleur politique.

Soigner l'électorat catholique

Sur le délit d'entrave numérique à l'IVG, qui condamne les sites "de nature à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif, sur les caractéristiques ou les conséquences d'une interruption volontaire de grossesse", François Fillon a ainsi promis d'abroger la loi s'il était élu.

Il s'est fait l'écho des protestations des élus de droite pendant les débats parlementaires, qui voyaient dans cette loi une atteinte à la liberté d'expression. "Si les sites sont en contradiction avec les lois républicaines, ils doivent être interdits, a déclaré François Fillon. Mais un délit d’entrave à l’information ? Non."

Soignant la frange la plus conservatrice de son électorat, l'ancien Premier ministre a également exprimé sa volonté de généraliser l'adoption simple dans le cadre d'un "droit à la filiation", auquel l'adoption par des couples homosexuels et la gestation pour autrui seraient selon lui opposées.

Numéro d'équilibriste

Ces positions sont compensées par une déclaration du candidat en faveur de la recherche sur l'embryon et les cellules, sujet bio-éthique également sensible chez une partie des catholiques. Soucieux de ne pas apparaître réfractaire aux avancées scientifiques, François Fillon a donc balayé la question d'un revers de main: "Je vous rappelle que j’ai été ministre de la Recherche, que j’ai toujours défendu le progrès, beaucoup plus d’ailleurs que le gouvernement actuel."

Louis Nadau