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Sens commun à la manoeuvre du rassemblement de soutien de François Fillon dimanche à Paris?

François Fillon lors de sa conférence de presse le 6 février 2017 (photo d'illustration)

François Fillon lors de sa conférence de presse le 6 février 2017 (photo d'illustration) - Martin Bureau - AFP

Sens commun, une émanation au sein du parti Les Républicains de la Manif pour tous, participe à l'organisation du rassemblement de soutien à François Fillon organisé dimanche place du Trocadéro, à Paris.

Quelque 50.000 à 80.000 personnes sont attendues dimanche. Les soutiens de François Fillon espèrent une démonstration de force lors du rassemblement organisé à 15h place du Trocadéro, à Paris. Pour les derniers fidèles du candidat des républicains - 57 soutiens ont quitté le navire depuis le début de l'affaire - "si la mobilisation est importante, cela permettra d'arrêter le début de l'hémorragie", considère un filloniste pour Le Parisien.

Nombreuses déclarations de désolidarisation

Mais de nombreux élus ont fait part de leur malaise face à cette manifestation. Présentée d'abord par l'hebdomadaire Valeurs actuelles comme une "manifestation contre le coup d'État des juges, qui confisquent l'élection présidentielle en orchestrant une traque anti-Fillon", elle est devenue depuis un "rassemblement de soutien" au candidat. 

Les déclarations de désolidarisation se sont multipliées: comme le président du Parti chrétien-démocrate Jean-Frédéric Poisson, qui a indiqué que son parti n'appelait pas à rejoindre le rassemblement. Ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a fait savoir à François Fillon que ce rassemblement était "une mauvaise idée". 

Une émanation de la Manif pour tous

Derrière cette manifestation se trouverait le mouvement Sens commun, une émanation au sein du parti Les Républicains de la Manif pour tous qui avait manifesté contre la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe. "À part Sens commun, qui peut mobiliser plusieurs dizaines de milliers de personnes en quatre jours?" s'interroge un élu pour Le Parisien.

Christophe Billian, son président, a précisé au Figaro qu'il n'était pas à l'origine de l'événement. "Je le soutiens et je m'y rendrais et je vais participer en mobilisant mes réseaux. Mais c'est Pierre Danon et le pôle société civile qui sont aux manettes, le tout emmené par Patrick Stefanini", c'est-à-dire le directeur de campagne de François Fillon.

Ce que ce dernier a confirmé à LCI. "C'est bien sûr nous qui organisons le rassemblement. Quand on dit qu'elle a été confiée à la Manif pour Tous, il s'agit d'une fausse rumeur. Nous avons zéro contact avec eux. Il est vrai, en revanche, que nous entretenons des relations structurelles avec Sens Commun, mais ce n'est pas eux non plus qui gèrent la journée du 5 mars (...) En ce qui concerne le matériel, nous pourrons affréter des bus et ressortir les drapeaux français avec les moyens de la campagne."

200.000 euros pour organiser le rassemblement?

Contactée par BFMTV.com, la préfecture de police n'a pas été en mesure de préciser le nom de celui ou celle qui a déposé la demande pour ce rassemblement. "On n'a pas l'habitude de communiquer ce genre d'information."

Cependant, Le Parisien croit savoir que Sens commun aurait touché 200.000 euros des équipes du candidat LR à la présidentielle pour organiser cette manifestation. Ce que Christophe Billan a démenti "formellement".

Dans un communiqué ce vendredi, Sens commun qui ne nie pas "les erreurs commises et reconnues par François Fillon", assure que le rassemblement "est organisé par le Conseil national de la Société civile avec Fillon".

"Nous nous rassemblerons pour dénoncer le véritable hold-up démocratique dont nous sommes aujourd'hui victimes, en vertu d’un acharnement savamment séquencé dont aucun honnête homme ne saurait nier la réalité."

Ludovine de la Rochère, la présidente de la Manif pour tous, a pris ses distances. "On n'est pas dans une action en faveur de tel ou tel candidat. Notre mouvement ne soutient pas de candidature, il ne fait pas de campagne", a-t-elle déclaré à l'AFP.

"Tapez sur des casseroles"

À la même heure, dimanche, une page Facebook invite à jouer de la casserole et à se prendre en photo puis la poster sur les réseaux sociaux avec les hashtags #StopCorruption et #CasserolesPartout - lors de ses derniers déplacements publics, François Fillon a été accueilli par des concerts de casseroles.

"Nous citoyens, opposés à la corruption des élus et respectueux de l'indépendance de la justice, partout ensemble, faisons-nous entendre, où que vous soyez, à votre fenêtre, dans votre jardin, sur votre balcon... tapez sur des casseroles pendant 3 minutes."

Céline Hussonnois-Alaya