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Présidentielle: Fillon, persuadé que les trois dernières semaines vont tout changer

François Fillon espère renverser la campagne trois semaines avant la présidentielle.

François Fillon espère renverser la campagne trois semaines avant la présidentielle. - Charly Triballeau - AFP

Le candidat de la droite se dit persuadé que les trois dernières semaines avant le vote lui permettront de faire changer la campagne. ll va pour cela mettre en place plusieurs stratégies.

Dans cette campagne inédite, François Fillon a plusieurs fois affirmé que tout se jouerait au dernier moment. En particulier dans les trois semaines avant le premier tour. Sans doute a-t-il en tête l'expérience de la primaire de la droite, et la percée inattendue qu'il a alors effectuée. Le candidat n'a de toute façon pas d'autre choix que de se convaincre que trois semaines peuvent suffire à changer les choses, alors que sa campagne, donnée plusieurs fois pour morte, montre encore quelques signes de vie. 

D'ici le 23 avril et dès cette semaine, il devrait donc tout mettre en oeuvre pour inverser la tendance. Peu lui importe d'être donné troisième par les sondages, à au moins 5 points du deuxième candidat, Marine Le Pen ou Emmanuel Macron, qui se disputent le haut du podium. La semaine qui s'ouvre sera marquée tout d'abord par un débat télévisé inédit entre les onze candidats, sur BFMTV et Cnews. Pour François Fillon, ce sera le cinquième débat depuis la primaire, mais du fait de sa configuration, rien ne dit qu'il lui donnera l'occasion de se démarquer. L'enjeu est sans doute plus grand pour les petits candidats.

Ligne de défense complotiste

Ces derniers jours, le candidat de la droite profite cependant de chaque intervention médiatique pour essayer de remonter la pente. Lors de son passage dans L'Emission politique de France 2, il s'est dit victime d'un "cabinet noir", lançant de graves accusations contre François Hollande, qui n'a d'ailleurs pas attendu la fin de l'émission pour les condamner. Samedi, il s'est dit "sur écoute".

Cette ligne de défense complotiste vise à remobiliser la base des militants, mais ne fait pas l'unanimité dans ses propres rangs. Certains y voient malgré tout un moyen de s'attirer de nouveaux soutiens.

"Ces derniers jours, un signe a rassuré François Fillon et les siens : ses accusations de 'cabinet noir' ont porté bien au-delà de son noyau dur. Au QG, on a reçu beaucoup de courriers ou de mails de soutien de personnes n’étant pas des militants", rapporte L'Opinion ce lundi. 

Des recettes héritées de la primaire

Pour le quotidien, le camp Fillon devrait ces prochains jours mettre en oeuvre des recettes testées lors de la primaire. Avec d'abord la mise en ligne d'une vidéo extraite d'un meeting et publiée le 28 mars.

"Je vous demande de faire monter une immense clameur [qui] atteigne les salles de rédactions parisiennes, ceux qui écrivent chaque jour que cette campagne serait sans issue", y déclame le candidat.

Le 12 octobre, un autre document avait été mis en ligne, où François Fillon opposait déjà "ceux qui écrivent les journaux" et le public venu l'écouter. Ensuite, l'équipe du candidat devrait compter sur un "journal de bord", qui détaille le programme du candidat et doit être distribué à des millions d'exemplaires. 

"Vider les poubelles" sur le camp Macron

En parallèle de ses interventions médiatiques, François Fillon doit aussi enchaîner les meetings d'ici le 14 avril. Le point d'orgue sera celui de la Porte de Versailles, le 9. Il se rendra aussi à Strasbourg, à Marseille, à Lyon ou encore à Montpellier. Et tant pis si certains l'attendent avec des casseroles ou des jets d'oeufs, le terrain reste pour lui le seul indicateur, qu'il oppose aux sondages. Enfin, François Fillon devrait poursuivre, si ce n'est accentuer, outre ses attaques contre la presse et les institutions, celles contre Emmanuel Macron. Une tendance qui s'est dessinée déjà ces derniers jours.

"Je vais gagner cette élection en partie grâce à vous. Une partie de la presse a décidé d'une scénarisation et ne veut pas en sortir. Mais une grande partie des Français veut l'alternance, qui ne peut pas être Emmanuel Macron", déclarait le candidat devant la presse il y a quelques jours, cité par Le Figaro.

L'équipe du candidat d'En Marche! redoute d'ailleurs ces attaques et accuse le camp Fillon de la jouer salement, à l'image du "going dirty" qui se pratique aux Etats-Unis, comme le souligne Le Parisien.

"On n'invente rien, on s'attend au pire, on sait qu'ils réfléchissent à des attaques les plus déstabilisantes possibles", déclare un proche d'Emmanuel Macron au quotidien. "Pendant les trois prochaines semaines, ils vont vider les poubelles".

Charlie Vandekerkhove