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Pourquoi le camp Fillon reprend espoir

François Fillon à Toulon, le vendredi 31 mars.

François Fillon à Toulon, le vendredi 31 mars. - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT - AFP

François Fillon a livré un discours offensif en meeting vendredi soir à Toulon. Notamment contre Emmanuel Macron, désormais cible favorite de la droite.

Est-ce le cadre martial des lieux qui leur a redonné quelques couleurs? Ce vendredi à Toulon, qui abrite le plus grand port militaire français, François Fillon s’est montré particulièrement offensif lors de son meeting au Zénith de Toulon, d’ailleurs consacré en grande partie aux questions militaires. Sous les acclamations de ses supporteurs, l’ex-Premier ministre s’est époumoné:

"Il nous reste vingt jours pour casser la baraque, vingt jours pour stupéfier le système qui se croit installé dans son décor!"

"Affronter les tornades"

François Fillon a joué à fond la carte du roseau qui plie mais ne rompt pas. "La course est rude. Mais adversaires n’ont reculé devant aucun coup", a-t-il insisté. "Mais le combat politique, c’est aussi cela: affronter les tornades, essuyer les attaques, et assumer son projet pour la France".

Pas besoin de chercher bien loin la cause du regain d’espoir dans le camp Fillon, où l’on veut croire que tout est encore possible. L’ancien chef du gouvernement l’a désignée dès les premières minutes de son discours:

"Désormais, c’est officiel: le Parti socialiste a un nouveau candidat qui a l’appui d’un ex-Premier ministre. Surprise, ce n’est pas celui de la primaire, mais des tractations du printemps! C’est Emmanuel Macron. Le protégé de François Hollande".

Le "baiser de la mort" de Valls à Macron

C’est l’argument choc des fillonistes depuis quarante-huit heures. A les entendre, le vote annoncé de Manuel Valls pour Emmanuel Macron rebat les cartes en profondeur. Au détriment du candidat d’En Marche!, qui apparaîtrait ainsi comme le digne héritier d’un président massivement rejeté dans l’opinion.

"Valls, c’est le baiser de la mort pour Macron", s’est amusée Valérie Pécresse dans les colonnes du JDD. François Fillon, lui, a trouvé un surnom sur mesure à son rival. "Emmanuel Hollande, c’est le prince de l’ambiguïté, c’est le même flou artistique", a-t-il à nouveau ironisé ce vendredi à Toulon.

Cette nouvelle stratégie de campagne contre le favori des sondages a en outre l’avantage de faire passer au second plan le bruit de fond sur les affaires, boulet médiatique de François Fillon depuis trois mois. Le candidat de la droite n’y a d’ailleurs fait aucune allusion dans son intervention du jour, alors que son épouse Penelope a été mise en examen mardi.

Des sondages contradictoires

Dans ce contexte, François Fillon et ses soutiens se prennent à rêver tout haut. "Il y a encore un espoir de gagner", a assuré Laurent Wauquiez, numéro deux de Les Républicains, à l’AFP mercredi. "Non seulement je suis serein mais je pense que je vais gagner cette élection", a affirmé l’ex-Premier ministre sur RTL mercredi.

Une obstination qui lui avait plutôt réussi à la primaire. Tout comme la théorie du "vote caché" en sa faveur. Une dernière hypothèse qui laisse pourtant sceptiques les sondeurs. Il faudra voir dans les prochains jours si la (petite) confiance retrouvée des fillonistes se traduit dans les enquêtes d’opinion.

Ce vendredi, François Fillon a gagné 2 points dans un sondage BVA pour la presse régionale (à 19% d’intentions de vote) mais en a aussi perdu 2 dans une étude Odoxa pour Le Point (17%). Dans cette dernière enquête, il n'a plus qu'1 point d'avance sur Jean-Luc Mélenchon.

Ghislain de Violet