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Le camp Fillon accro à WhatsApp

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François Fillon confesse avoir consulté les messages d'une discussion des parlementaires LR dans l'application WhatsApp pendant le débat de TF1.

"Je regardais un compte WhatsApp", a avoué François Fillon. Pendant le premier débat présidentiel sur TF1, le candidat Les Républicains, dont plusieurs téléspectateurs ont remarqué qu'il consultait régulièrement son téléphone pendant l'émission, consultait les messages postés sur l'application d'échanges de messages sur téléphone mobile par les parlementaires Les Républicains. "Je regardais les commentaires des députés sur le débat, ça m’amusait de voir comment ils réagissaient", a expliqué François Fillon, en marge d’un déplacement dans les Pyrénées-Atlantiques. 

Selon L'Opinion, le groupe "Forum parlementaire LR", créé par le député de Haute-Savoie Lionel Tardy, réunit 165 participants, dont une cinquantaine de membres actifs. Un chiffre énorme pour une discussion WhatsApp. 

"Je voulais anticiper la fin de la session parlementaire", explique l'élu en charge du numérique auprès du candidat dans L'Opinion. "Cet outil nous permet de converser au-delà des réunions de groupes hebdomadaires."

Le candidat lui-même n'a posté qu'une seule fois (un simple message de soutien à l'assistant d'un député). Ce sont surtout les fillonistes qui y alimentent le groupe, comme Valérie Boyer, Annie Genevard ou encore Caroline Cayeux. 

Statistiques et éléments de langage

Depuis deux mois, les parlementaires Les Républicains échangent sur l'application leurs impressions sur la campagne, postent des photos de meeting, font remonter arguments et impressions de terrains aux cadres du parti. Philippe Vittel, député du Var, y a par exemple publié une statistique selon laquelle François Fillon ne décrocherait que 8 % des voix chez les jeunes, à partir de laquelle une conversation sur les éléments de langage à employer s'engage. 

"Ça donne la température et ça crée du lien entre nous. C’est ce qu’on se dirait si on pouvait se voir tous les soirs. C’est un journal instantané de campagne", détaille un élu LR.

Les limites de l'exercice sont toutefois vite apparues: "Il ne faut pas se leurrer, reconnaît Lionel Tardy, personne ne va se lâcher dans ce groupe, on ne peut pas dire qu’il y ait une confidentialité extrême".

L'existence de cette discussion révélée au grand jour, la teneur des échanges devrait d'autant plus s'affadir.

Louis Nadau