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François Fillon contre Emmanuel Macron : le duel des geeks

Emmanuel Macron à Futurapolis au mois de novembre 2016. François Fillon en 2013 à l'Assemblée.

Emmanuel Macron à Futurapolis au mois de novembre 2016. François Fillon en 2013 à l'Assemblée. - REMY GABALDA / AFP; MIGUEL MEDINA / AFP

Pour la première fois en France, le numérique devient un enjeu de la campagne présidentielle. C’est en tout cas un sujet de rivalité entre François Fillon et Emmanuel Macron qui tentent tous deux de décrocher le titre de champion des nouvelles technologies.

Salon de l’agriculture, festival de Cannes, voyages éclairs en Province et à l’étranger, une campagne présidentielle comporte un certain nombre de déplacements incontournables. Le Consumer Electronics Show est peut-être en train d’en devenir un. Ce salon américain est le plus gros événement mondial consacré à l’innovation et l’électronique grand public. Et François Fillon, le candidat officiel de la droite à la présidentielle française s’y rend aujourd'hui. Une première. C’est évidemment un moyen d’entériner l’idée déjà bien installée que l’homme politique est un geek. Mais aussi l’occasion de rivaliser sur le terrain d’Emmanuel Macron, plébiscité par les entrepreneurs de la tech et qui tente lui-aussi de cultiver son image 2.0. Passage en revue des points forts et faibles de chacun à ce petit jeu-là.

Emmanuel Macron, le chéri des start-up

François Fillon est attendu ce jeudi 5 janvier au CES sur différents stands de la French Tech et doit participer au dîner Leaders in Technology organisé par Gary Shapiro, l’organisateur du salon. Pas de doute, le candidat de la droite empiète résolument sur ce qui apparaissait comme le terrain de jeu d’Emmanuel Macron. L’ancien ministre de l’Economie s’est en effet rendu durant deux ans de suite à Las Vegas (2015 et 2016). L’année dernière, il était apparu barbu et détendu sur le salon et avait été accueilli en héros par la French Tech qui lui avait carrément accordé une standing ovation après l’un de ses discours le 7 janvier 2016. La légende veut même qu’un Américain dans la salle lui ait alors déclaré "Si j’étais Français, je voterai pour vous".

L’équipe de 01netTV l’avait d’ailleurs reçu à cette occasion dans un Live. La raison de cet engouement ? Son passé de ministre en charge des questions numériques plaide pour lui, avec des discours répétés inlassablement en faveur du potentiel de l’économique numérique et de l’innovation. Mais aussi des actes : sa loi Macron était destinée à favoriser la liberté d’entreprendre, il soutenu l’expérimentation des voitures autonomes et des drones et lancé de multiples French Tech Hub dans plusieurs grandes villes étrangères. Il n’a pas depuis changé son fusil d’épaule, bien au contraire. Son dernier coup d’éclat en date dans ce secteur ? Sa présence au festival Futurapolis à Toulouse au mois de novembre dernier, où il a encore fait sensation.

Il reste donc du chemin à faire à François Fillon avant de pouvoir électriser à ce point les foules. Il faut dire que l’ancien Premier Ministre n’a pas eu l’occasion de tisser les mêmes liens privilégiés avec le secteur tech et pâtit d’une image plus vieillotte et rigide que le trentenaire Macron. Mais il possède d’autres sérieux atouts.

François Fillon, le technophile

François Fillon a pour caractéristique d’être le candidat à la présidentielle le plus fin connaisseur en matière de produits high-tech, comme nous l'évoquions dans un portrait au mois de novembre dernier. Une passion qui ne date pas d’hier. Son premier ordinateur était un Toshiba T3200, un PC portable haut de gamme sous MS-DOS acquis en 1987. Il a aussi été ministre des Télécoms de mai 1995 à juin 1997 et connaît très bien ce secteur.

Ses premiers pas sur Internet, il les a fait avec Compuserve en 1993. Bien avant la plupart des Français donc. Dans son livre Faire, paru en 2015, il relate comment il a initié Alain Juppé à l'informatique, alors qu'il était membre de son gouvernement. Aujourd'hui, il est devenu hyper connecté et a gardé le goût de la technologie. Bref, l'homme politique est un vrai geek et n'hésite pas à tirer profit de cette image, comme dans l'émission Ambition intime où il s'est empressé de piloter son drone Parrot devant Karine Lemarchand. A cette même occasion, il a confié l'anecdote selon laquelle son fils aurait déclaré à son instituteur en 2007 qu'il était "réparateur d'ordinateurs".

Difficile de savoir qui des deux hommes l'emportera sur le terrain des nouvelles technologies. Une chose est sûre : on a pas fini de les voir tous deux s'afficher avec des start-ups françaises et braver le ridicule en chaussant des casques de réalité virtuelle... 

Amélie Charnay