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François Fillon: "Il faut faire de la France une startup nation"

François Fillon, le 9 novembre à Lille

François Fillon, le 9 novembre à Lille - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Passionné de high-tech, l'ancien Premier ministre s'est doté d'un programme numérique complet et structuré, axé sur l'aménagement du territoire, l'innovation et l'éducation.

Député de la 2e circonscription de Paris, François Fillon dispose dans son programme d'un volet spécifique au numérique, avec à la clé des mesures concrètes et – souvent – chiffrées. Ce qui est loin d'être la règle chez les autres candidats. Ainsi, l'ancien Premier ministre (2007-2012) veut tout d'abord "réduire la fracture numérique entre les territoires et les citoyens en France", nous explique-t-il. Pour y arriver, l'extinction du réseau cuivre est un passage obligé, selon lui. Pour autant, l'ancien ministre délégué aux Télécommunications (1995-1997) ne plaide pas pour un recours exclusif à la fibre optique. D'autres technologies, comme le câble ou le VDSL, pourraient être déployés de façon pragmatique pour apporter "à courte et moyen terme" une solution intermédiaire aux entreprises et aux ménages.

Sur le plan économique, François Fillon mise beaucoup sur l'innovation. "Je continuerai à développer la French Tech, mais il faut maintenant passer à l’étape suivante et faire de la France une startup nation", souligne-t-il. Pour favoriser l'éclosion de cet écosystème, il compte avant tout mettre en place une déduction fiscale de 30 % pour tout investissement jusqu'à 1 million d'euros. Mieux, pour faciliter encore plus la prise de risque, il propose que le fisc français prenne en charge les pertes en capital à hauteur de 50 %.

Un Haut Commissaire à la transformation numérique

Parallèlement, ces entreprises innovantes auront un meilleur accès aux appels d'offre publics. Le candidat à la primaire de la droite et du centre souhaite en effet que "50 % des achats dans le numérique soient réservés aux startups et aux PME". A ce titre, il envisage de nommer un "Haut Commissaire à la transformation numérique" qui, rattaché au Premier ministre, veillera sur la mise en place et l'équité de cette nouvelle procédure de commande publique. Mais pour l'ancien sénateur de la Sarthe (2005-2007), le numérique n'est pas juste une question économique ou d'aménagement du territoire.

François Fillon est passionné par les usages high-tech depuis longtemps. Il sait de quoi il parle. Son premier ordinateur était un Toshiba T3200, un PC portable haut de gamme sous MS-DOS acquis en 1987. Et ses premiers pas sur Internet, il les a fait avec Compuserve au début des années 90. Aujourd'hui, il est utilisateur - à titre privé - d'un iPhone 7, d'un iPad, d'un drone, d'un GPS Garmin et d'un appareil réflexe numérique Nikon D 800. Il est persuadé que la maîtrise des outils est une condition sine qua non pour créer une société numérique.

Le premier ordinateur de François Fillon était un Toshiba T3200, acquis en 1987.
Le premier ordinateur de François Fillon était un Toshiba T3200, acquis en 1987. © DR

"Dans l’enseignement, à tous les niveaux, de l’école primaire, le collège, le lycée à l’enseignement supérieur en passant par l’apprentissage, je propose un programme adapté permettant d’avancer progressivement dans la maîtrise des rudiments de la pensée informatique, la programmation et l’algorithmique jusqu’à la formation d’ingénieurs et apprentis sur les métiers d’avenirs de ce secteur", nous explique l'ancien ministre de l'Education nationale (2004-2005). Et pour combattre "l'illectronisme", il souhaite mettre en place un "plan national de lutte contre l'exclusion numérique".

Renforcer les moyens de la Hadopi

Passionné par le numérique, le candidat n'est pas pour autant adepte du laisser-faire. Pas question, par exemple, de supprimer la Hadopi, vigie du piratage des oeuvres culturelles sur Internet... qui a davantage concentré la colère que prouvé une réelle efficacité. Qu'à cela ne tienne, il veut aller plus loin dans la défense de l'industrie culturelle française en augmentant les moyens de la Hadopi. Ils doivent permettre "d'attaquer les acteurs commerciaux" qui profitent de l'économie du piratage, tels que les intermédiaires de paiement ou les acteurs de la publicité.

Pas de pitié non plus pour les réseaux sociaux et les messageries en ligne, susceptibles de véhiculer la pensée des djihadistes. "Les acteurs Facebook, Google, Apple doivent donner tous les moyens d’échanges avec nos services de renseignement pour neutraliser ces personnes. La coopération doit être totale", poursuit-il.

L'Etat devrait avoir "accès au code source et au design des technologies utilisées sur notre territoire", selon François Fillon. Pour autant, il ne semble pas soutenir l'idée de créer des portes dérobées dans les outils informatiques. Technophile depuis toujours, il doit savoir qu'une telle mesure peut s'avérer contre-productive en matière de sécurité. Un remède pire que le mal.

françois fillon

Twitter: 14.900 tweets et 327.000 followers Facebook: 167.596 likes Instagram: 435 publications et 2.670 abonnés YouTube: 314.154 vues

Trois personnes se consacrent à temps plein à la communication sur les réseaux sociaux. "Les relais actifs, engagés dans la campagne digitale, et que nous mobilisons, sont plus d’un millier", souligne son équipe de campagne.