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Stade de France, état d'urgence et Bataclan: quand Hollande "retrouve ses réflexes du 7 janvier"

François Hollande au PC sécurité du stade de France vendredi 13 novembre

François Hollande au PC sécurité du stade de France vendredi 13 novembre - CHRISTELLE ALIX / PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE / AFP

Entre le match France-Allemagne d'où il a été exfiltré au Congrès qui se tiendra lundi, François Hollande aura dirigé un conseil des ministres, un conseil de défense et se sera entretenu avec des responsables internationaux et nationaux après une visite sur un site attaqué, le Bataclan. Retour sur des heures de crise. 

Le coup d'envoi du match France-Allemagne a été donné une quinzaine de minutes avant qu'un agent ne vienne murmurer à l'oreille de François Hollande. Le premier des trois kamikazes vient de se faire exploser à proximité de l'entrée D de l'enceinte après avoir été refoulé par un agent de sécurité alors qu'il était muni d'un billet, selon le Wall Street Journal. Très vite le président de la République est évacué de la tribune officielle puis conduit au PC sécurité situé tout prêt. Bernard Cazeneuve l'y rejoint pour faire le point sur la situation. Entre temps une autre explosion a été entendue aux abords du Stade de France alors que les premières fusillades éclatent à Paris.

François Hollande et le ministre de l'Intérieur "ignorent alors encore beaucoup de choses sur ce qui s'est passé", souligne l'entourage du président mais les deux hommes "décident de quitter le Stade de France" à bord du véhicule blindé du chef de l'Etat. Pendant ce temps le match se poursuit et Olivier Giroud ouvre le score, sans que les explosions ne troublent le public.

"On sentait sourdre en lui une colère terrible"

"Le Président, très tendu, avait quelque chose de froid, déterminé, raconte un proche à L'Obs. On sentait sourdre en lui une colère terrible alors que d’habitude, il dissimule assez bien ce genre de sentiment. Là, il a répété à plusieurs reprises le mot "acte de guerre." Hollande et Cazeneuve sont vites rejoint par Valls et Taubira dans la cellule interministérielle de crise.

Marisol Touraine pour la Santé et Christiane Taubira pour la Justice sont aussi sollicitées. Un conseil des ministres est organisé en urgence et le président de la République prend finalement la parole après 45 minutes de réunion. Il proclame l'état d'urgence, une première depuis 2005.

"On retrouvait les mêmes réflexes que le 7 janvier", confie un proche du président de la République à l'hebdomadaire. A plusieurs reprises lors de ses interventions médiatiques, François Hollande avait laissé entendre que les risques d'une nouvelle attaque était grands puisque de nombreux projets attentats étaient déjoués.

"Le président ne se serait pas rendu au Bataclan si sa sécurité n'avait pas été assurée"

Le chef de l'Etat, accompagné de Manuel Valls, Bernard Cazeneuve et Christiane Taubira, se rend ensuite à la salle du Bataclan où il s'entretient avec le responsable des secours puis avec le procureur de la République de Paris François Molins. L'assaut a été donné moins d'une heure plus tôt. "Le président ne se serait pas rendu au Bataclan si sa sécurité n'avait pas été assurée. Il a estimé que sa place était d'être au côté des forces de sécurité et des victimes", précise un conseiller à l'AFP. 

Et alors que le bilan humain s'aggrave d'heures en heures, François Hollande s'entretient avec des responsables étrangers (Obama) mais aussi des élus nationaux comme les présidents de l'Assemblée nationale (Bartolone) et du Sénat (Larcher). Nicolas Sarkozy aussi sera appelé le lendemain après le Conseil de défense autour de huit ministres puis reçu ce dimanche avant les autres responsables de partis. A l'international, Angela Merkel ou David Cameron ont aussi échangé avec le chef de l'Etat qui a reçu le président tunisien à sa demande.

Entre-temps, trois jours de deuil national sont décrétés et la réunion du parlement en Congrès est annoncée pour le lundi. François Hollande dénonce des "actes de guerre". Et alors que la presse française attend aujourd'hui la riposte, des annonces seront faites à cette occasion. Au Point un conseiller prévient: "la réponse doit être impitoyable."