BFMTV

Face à la presse, le mea culpa en demi-teinte d'Emmanuel Macron

Au cours de sa conférence de presse, Emmanuel Macron a reconnu quelques erreurs de comportement, tout en défendant son bilan.

Après avoir détaillé les conclusions et mesures qu'il a tirées du grand débat national, Emmanuel Macron s'est livré ce jeudi aux questions des journalistes rassemblés à l'Elysée. Elizabeth Pineau, présidente de l'Association de la presse présidentielle, a été la première à interpeller le président sur les raisons de ce rendez-vous d'envergure avec la presse. Emmanuel Macron s'est alors livré à un mea culpa, regrettant avoir été trop exigeant et injuste avec les Français depuis le début de son mandat. 

"L'impatience, l'exigence que j'ai avec moi-même, que j'ai avec les membres du gouvernement, je l'ai un peu eue avec les Français. Le sentiment que j'ai donné, c'était une forme d'injonction permanente, d'être dur, parfois injuste. Ça, je le regrette" , a déclaré le chef de l'Etat. "D'abord parce que ce n'est pas ce que je suis profondément et parce que je pense que ça n'a pas aidé à la cause", a-t-il ajouté.

"Je peux mieux faire"

"Je pense qu'on peut toujours mieux faire, je pense que je peux mieux faire aussi", a reconnu Emmanuel Macron qui a confié avoir, grâce au grand débat national, "touché beaucoup plus clairement l'épaisseur des vies".

"Nous sommes un pays où on attend énormément du chef de l'État. On peut penser que c'est injuste quand on est à ma place mais c'est comme ça. Mais parfois je n'avais pas conscience de cette attente et ça a provoqué de la colère", a-t-il estimé. 

"Remettre l'humain au coeur de mon projet"

Emmanuel Macron a toutefois tenu à défendre le bilan de ses deux premières années de mandat, refusant de penser qu'il avait jusque là fait "fausse route". Estimant que peu de pays ont conduit autant de réformes en si peu de temps, le président a réclamé de la patience pour voir les résultats concrets de sa politique.

Face au "profond sentiment d'injustice fiscale, sociale et territoriale" et de manque de considération de beaucoup de nos concitoyens", "est-ce qu'il faudrait arrêter tout ce qui a été fait depuis deux ans ? (...) Est-ce qu'on a fait fausse route ? Je crois tout le contraire", a-t-il ainsi soutenu.

Afin de retrouver la confiance des Français, le président entend "remettre l'humain au coeur de son projet". "La nouvelle méthode que je souhaite adopter, la nouvelle manière que je vais aussi avoir de bâtir des décisions, me déplacer, de faire, ce sont des choses qui peuvent répondre à la juste part d'énervement qui a pu naître de malentendus que j'avais sans doute contribué à nourrir", a-t-il plaidé.

Mélanie Rostagnat avec AFP