BFMTV

Emmanuel Macron à l'épreuve du Salon de l'agriculture

Le président de la République est arrivé ce samedi matin au Salon de l'agriculture. Il a commencé sa visite, qui promet d'être longue, par un petit-déjeuner avec les organisations syndicales.

Emmanuel Macron est arrivé ce samedi matin au Salon de l'agriculture porte de Versailles, à Paris, qu'il compte visiter pendant près de douze heures. Il inaugure son premier Salon en tant que président de la République. Le chef de l'État est accompagné du ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert.

Une rencontre à huis-clos avec les syndicats

Le président, arrivé à 7h45, avant l'ouverture au public, a débuté sa visite par une rencontre à huis-clos avec les principaux acteurs institutionnels de l'agriculture française.

"On est là pour faire le point sur les professions, le financement, le modèle social, la recherche, préparer les prochaines échéances (notamment) le schéma de la PAC à venir, clarifier les choses, donner de la visibilité à ceux qui vont bénéficier des aides et clarifier les impacts sur les financements des uns et des autres", a-t-il déclaré lors de cette réunion. "Je sais l'importance qu'a notre agriculture, je sais les attentes, les angoisses et la souffrance sur le terrain. Je suis convaincu qu'il y a un avenir certain pour notre agriculture, mais à inventer ensemble, il y a des décisions difficiles à prendre dans certains secteurs. L'agriculture française est aussi une terre de conquête, il y a beaucoup de choses à faire", a ajouté Emmanuel Macron.

Pour cette réunion en forme de petit-déjeuner, proposée par l'Elysée, les dirigeants des cinq syndicats représentatifs du secteur étaient présents (FNSEA, Jeunes agriculteurs, Confédération paysanne, Coordination rurale, Modef), ainsi que ceux de la Mutualité sociale agricole (MSA, la sécurité sociale du monde agricole), de l'organisme de recherche INRA, de Coop de France et d'autres organismes institutionnels du secteur.

Rencontre avec les exposants

Le président est ensuite allé à la rencontre des exposants, arrivant vers 9h30 dans le hall hébergeant la vache Aubrac "Haute", égérie du salon, et l'ensemble des animaux. Il a tout d'abord été accueilli par des agriculteurs déguisés, des bousculades et des applaudissements.

"Je suis heureux de passer la journée avec des passionnés" a-t-il affirmé lors de sa rencontre avec Thibault Dijols, l'éleveur de Haute, venu d'Aveyron. "Elle n'est pas farouche, c'est incroyable, on dirait presque qu'elle cherche la caresse", a-t-il commenté après avoir passé la main sur le museau de la vache.

Plus loin, il a toutefois été sifflé pendant plusieurs minutes par une dizaine de membres des Jeunes Agriculteurs (JA), qui ont brandi des T-shirts portant l'inscription "Attention agriculteurs en colère". Plus tôt, une quinzaine de militants pro-vegan avaient aussi manifesté très brièvement, avant d'être expulsés manu militari.

Sifflets

Alors que de nouveaux sifflets de Jeunes Agriculteurs ont retenti lors de son passage au stand Interbev (interprofession bétail et viande), le chef de l'Etat a bifurqué pour aller répondre à ses contempteurs, des céréaliers qui protestaient contre la fin du glyphosate et contre le projet d'accord de libre-échange UE-Mercosur.

"Je vous engueule parce que j'aime pas qu'on me siffle derrière; mais après je viens vous voir et on s'explique", leur a-t-il dit calmement, promettant que "personne ne serait laissé sans solution".

Les éleveurs craignent notamment l'importation à taux réduit sur le continent de 70.000 tonnes de viande bovine sud-américaine par an, à droits de douane réduits si l'UE signe un accord commercial avec les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay).

"Révolution culturelle"

Lors de sa visite au Salon l'an dernier, quand il n'était encore que candidat à la présidence, Emmanuel Macron avait proposé de restructurer l'agriculture française autour de ses "filières" pour la sortir de la crise. Cette semaine, en recevant quelques 700 jeunes agriculteurs à l'Élysée, il a de fait souligné la "révolution culturelle" qu'il dit avoir engagée dans le secteur. 

Avant la visite, l'Élysée a fait savoir que le président se déplaçait toujours avec plusieurs costumes de rechange. L'an passé, il avait reçu un œuf sur l'épaule, dont il avait plaisanté, affirmant que le jet de projectile relevait du folklore du Salon.

4000 animaux d'élevage

Jeudi, il a d'ailleurs pris les devants en soulignant qu'il se "moquait totalement" de l'ambiance dans laquelle il serait reçu Porte de Versailles, concentré qu'il est sur la construction du "visage de la France agricole des prochaines années".

Vitrine des productions alimentaires françaises sur fonds d'angoisse de l'avenir pour la ruralité, la 55e édition du salon accueille cette année près de 4000 animaux d'élevage venus de toutes les régions de France.

C.H.A. et C.P. avec AFP