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Démission d'Emmanuel Macron: nouveau coup dur pour François Hollande

L'annonce ce mardi de la démission du ministre de l'Économie est une mauvaise nouvelle pour le chef de l'État... en vue de l'élection présidentielle de 2017.

Après des mois de rumeurs de départ, de déclarations provocatrices et le lancement de son mouvement politique au printemps, Emmanuel Macron a présenté ce mardi sa démission. Un nouveau coup dur pour François Hollande qui va peut-être devoir compter avec un nouveau rival pour 2017.

"C'est un coup de bambou"

Selon le député socialiste Richard Ferrand, membre du premier cercle de l'énarque, cette candidature n'interviendra que si "sa démarche convainc, séduit, se traduit dans les sondages, si des intellectuels, des syndicalistes, des élus y adhèrent". L'ancien banquier d'affaires âgé de 38 ans présentera son "diagnostic" de la situation du pays en septembre, avant de développer ses propositions en octobre.

"C'est un coup de bambou" pour le chef de l'État, a regretté un ministre, "un Kinder surprise pour convenance personnelle", a taclé le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis. "Pour François Hollande, c'est un rétrécissement nouveau de sa majorité", se désole un proche du président, quelques mois après la démission de Christiane Taubira.

"Hollande pourra-t-il être candidat contre Macron?"

Emmanuel Macron, qui présentera ses propositions en octobre, pourrait-il se présenter contre le président de la République? "La question est plutôt: est-ce que Hollande pourra être candidat contre Macron, si Macron est candidat?", a par ailleurs estimé Richard Ferrand.

Un autre proche, le sénateur Gérard Collomb, a explicité devant des journalistes la démarche de son protégé: "la voie suivie aujourd'hui qui consiste à dire on va attendre décembre pour savoir si Hollande y va, c'est intenable car si personne n'est prêt, ce sera la débandade".

Des déclarations tapageuses

Le Premier ministre Manuel Valls, pourtant, semble se tenir prêt à revendiquer l'investiture de ses camarades, comme il l'a subtilement laissé apparaître lors d'un meeting de la majorité à Colomiers, en Haute-Garonne, lundi soir.

Parmi les ministres les plus appréciés de l'opinion, Emmanuel Macron, 38 ans, multipliait depuis plusieurs mois les provocations, entre le lancement de son mouvement, "En marche", en avril et ses déclarations tapageuses -encore récemment, il avait occupé l'espace médiatique en reconnaissant ne pas être "socialiste".

L'ultime avertissement de François Hollande

Manuel Valls ne cachait plus non plus son agacement à l'égard de son ministre, qui lui disputait le créneau de la gauche réformiste. L'ultime avertissement était venu de François Hollande lui-même, qui avait dû entamer la traditionnelle interview du 14 juillet par un énième recadrage, deux jours après un premier meeting parisien de son mouvement créé en avril.

Emmanuel Macron sera donc resté deux ans, quasiment jour pour jour, à Bercy où il avait été nommé en août 2014 après le tonitruant départ du gouvernement d'Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon, tous deux d'ores et déjà candidats à l'Elysée pour 2017.

C.H.A. avec AFP