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Les Républicains: Sarkozy jubile, ses challengers lancent la riposte

Les résultats de la droite ne sont pas ceux escomptés pendant la campagne de ces régionales. Mais ils permettent à Nicolas Sarkozy de valider sa stratégie en interne, et d'asseoir encore son leadership face à ses détracteurs.

Dimanche soir, c'est un Nicolas Sarkozy modeste qui s'est affiché devant les caméras. Modeste face au score du FN, qui ressort de ce second tour sans région mais avec un score record, et au front républicain qui a permis à son parti Les Républicains de gagner deux régions, le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Paca. Devant la presse, il a donc promis de prendre en compte "les avertissements" lancés aux régionales et de répondre aux "grandes questions qui angoissent les Français". "L'union et l'unité ne peuvent pas être de circonstance", a-t-il encore lancé.

Mais derrière les caméras, l'ancien président de la République a le triomphe moins modeste. Son parti a résisté à la catastrophe annoncée à l'issue du premier tour en gagnant sept régions. On est certes loin de la vague bleue espérée, mais Les Républicains s'en sortent correctement. Et surtout, ce résultat permet au patron de l'opposition d'aborder sereinement la suite de son parcours à la tête des Républicains.

La victoire de Pécresse, un atout pour Sarkozy

Critiqué pour la ligne droitière qu'il a fait prendre au parti, Nicolas Sarkozy peut désormais se prévaloir de la victoire de son ami Laurent Wauquiez en Rhône-Alpes-Auvergne, qui n'avait pas hésité à adopter la même stratégie lors de sa campagne. Mieux, la protégée de son rival Alain Juppé, Valérie Calmels, a perdu son pari en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes. Et parmi les trois têtes de liste centristes, un seul s'en sort et de justesse. 

Le second tour a enfin été couronné d'un succès très symbolique: la victoire de Valérie Pécresse en Ile-de-France face à Claude Bartolone. "Elle n'est pas la plus proche de Nicolas Sarkozy, mais sa victoire dans la région-capitale le protège des contestations au moins pour quelques mois", constate le journaliste politique Laurent Neumann sur BFMTV. Car désormais, Nicolas Sarkozy compte bien profiter de son résultat pour affirmer encore un peu plus son leadership au sein du parti. Sa fin de soirée au parc des Princes devant le PSG le montre: "il est serein", analyse Laurent Neumann.

Des promotions en interne

Lundi à 11 heures doit se tenir un bureau politique des Républicains, qui risque d'être houleux. Le président du parti veut répondre à ceux qui ont critiqué sa campagne, et notamment la stratégie du "ni-ni" (ni désistement, ni fusion de liste pour contrer le FN). A ses détracteurs dont Nathalie Kosciusko-Morizet, vice-présidente du parti qui s'était déclarée pour le front républicain, Nicolas Sarkozy veut montrer que la guerre des chefs n'est pas encore venue.

Agacé, il pourrait même décider de faire le ménage en interne: "le peloton d'exécution, c'est pour bientôt", souffle un cadre du parti au Parisien. Selon le quotidien, outre NKM, c'est aussi la porte-parole Lydia Guirous, surnommée "Miss Nobody" par ses détracteurs, qui pourrait prendre la porte. Luc Chatel, Eric Ciotti, Laurent Wauquiez et Rachida Dati pourraient eux être promus. 

Alain Juppé, lui, a décidé de se positionner au-dessus des querelles internes. "Ne nous lançons pas dans un débat vain pour savoir si notre positionnement était trop à droite ou pas assez, trop au centre ou pas assez. Ne tombons pas dans des querelles partisanes. Prenons du recul", a-t-il insisté dimanche.

Pourtant, si les cadres du parti ont tenté de garder dimanche soir un ton mesuré, l'affrontement n'est jamais loin. Car avant la primaire qui doit se tenir dans un an en vue de la présidentielle, ils se retrouveront pour un conseil national sur la ligne du parti. De quoi encore alimenter des débats pour quelques mois.

A. K.