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Régionales: la "défaite pour tous" en une de la presse

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Au lendemain du second tour des élections régionales, le Front national repart bredouille malgré un nouveau score record. Un résultat entre soulagement et avertissement, pour la presse.

Comment qualifier l'issue du second tour des élections régionales sans pour autant crier victoire, alors que le FN ne remporte aucune région mais fait son score record?

Il y a une semaine, Libération titrait "Ca se rapproche" à l'issue d'un premier tour où le FN était arrivé en tête dans six régions. "Soulagés, mais", avoue lundi le quotidien de gauche. "La défense républicaine a sauvé les meubles. Il est temps de passer à l'offensive", assène son directeur, Laurent Joffrin.

"Le soulagement est grand parmi les électeurs modérés. Cependant, il ne faudrait pas, pour reprendre une expression célèbre que ce soit un 'lâche soulagement'", écrit Guillaume Goubert dans La Croix en reprenant la formule historique de Léon Blum au lendemain des accords de Munich. "En d'autres termes, un risque immédiat a été évité. Mais si l'on ne se pose pas de sérieuses questions pour l'avenir, ce n'est que partie remise", ajoute l'éditorialiste du journal catholique dont la une est sans équivoque: "La défaite pour tous".

"Une victoire de justesse"

"C'est une élection sans vainqueur", renchérit dans La Voix du Nord Jean-Michel Bretonnier. "Le Front national gagne au premier tour et échoue au second, la droite ne profite pas du traditionnel vote sanction et le PS perd sa suprématie régionale." "Seule la démocratie pourrait revendiquer une victoire, ce matin", estime Christophe Hérigault dans La Nouvelle République du Centre Ouest. "Une victoire de justesse."

A la tête respectivement de cinq et sept régions, "la gauche et la droite auraient tort cependant de revenir à leurs petites affaires comme si de rien n'était", avertit Alexis Brézet, le directeur du Figaro. "Le FN n'a pas disparu, loin de là. Pour ses adversaires, l'obligation n'en est que plus grande de se montrer à la hauteur de la confiance qui leur a été renouvelée".

"Hier, les Français ont pris leurs responsabilités: ils ont voté, en masse. On attend des élus qu'ils prennent les leurs en se réconciliant avec le peuple", martèle Jean-Marie Montali dans Le Parisien-Aujourd'hui en France. C'est peu ou prou la même urgence que formule l'éditorialiste de L'Humanité, Patrick Apel-Muller: "des certitudes devront être bousculées, des routines abandonnées, des expériences tentées... Mais il ne sera pas possible de rester l'arme au pied". A l'instar de nombreux quotidien, le journal communiste salue le "Sursaut citoyen" du second tour.

Pour Les Echos, "la forte mobilisation met le FN en échec". "Le rejet qu'inspire le parti de Marine Le Pen reste majoritaire dans le pays et pousse les électeurs à se mobiliser in fine lorsque le risque apparaît", écrit Cécile Cornudet dans le quotidien économique. Mais "cette fois-ci, c'est vrai, le vent du boulet frontiste est passé très près", constate dans Le Journal de la Haute-Marne Patrice Chabanet. Image reprise par Raymond Couraud dans L'Alsace où là encore "le vent du boulet n'est pas passé loin".

Ariane Kujawski avec AFP