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Fillon se défend dans une lettre: "j'ai décidé de ne rien céder"

François Fillon lors d'un meeting à Paris, le 18 novembre 2016.

François Fillon lors d'un meeting à Paris, le 18 novembre 2016. - Bertrand Guay - AFP

Le candidat LR a la présidentielle a publié une lettre dans Ouest-France, mardi. Après une vidéo postée sur Facebook, et une conférence de presse, François Fillon tente, une fois encore, de se défendre des accusations d'emplois présumés fictifs qui pèsent sur lui.

Pour François Fillon l'opération de communication continue. Après un premier message à "ses amis" via Facebook, et une conférence de presse, voici donc une lettre publiée mardi dans Ouest-France. Le candidat Les Républicains à l'élection présidentielle entend ainsi livrer sa "vérité" sur les accusations d'emplois présumés fictifs

"Au terme d'une campagne médiatique et politique d'une violence inouïe, j'ai choisi de m'adresser directement à vous pour vous dire ma vérité".

Dans cette tribune, l'élu reprend la plupart des arguments qu'il avait développés lors de sa conférence de presse de lundi. 

"C'est vrai, pendant quelques jours, la fureur des forces qui se sont déchaînées contre moi m'a laissé abasourdi. Pourtant, j'ai décidé de ne rien céder aux intimidations et aux pressions. J'ai choisi de me tenir debout face aux Français, face à leur jugement".

"Tout est légal"

Il réaffirme comprendre "le trouble" ressenti par les Français et tient à repréciser que "tout est légal", dans ses activités, celle de son épouse et de ses enfants.

"Que ceux qui donnent des leçons de démocratie se plient au même exercice de transparence!", demande-t-il.

Le candidat LR à la présidentielle se retrouve au coeur d'une polémique depuis plusieurs semaines. Sa femme aurait perçu 900.000 euros pour deux emplois présumés fictifs. L'un à l'Assemblée nationale comme attachée parlementaire, l'autre comme salariée à La Revue des deux mondes. A cela s'ajoutent 84.000 euros perçus par deux des enfants du couple, Marie et Charles. 

"Je n'ai jamais été mis en cause dans une affaire"

Ce mercredi le volatile révèle que Penelope Fillon avait deux emplois à plein temps sur une même période et qu'elle aurait touché, en plus, 29.000 euros de primes. De nouvelles révélations que s'est empressé de dénoncer François Fillon. 

"En trente-deux ans de vie politique, je n'ai jamais été mis en cause dans une affaire. J'ai toujours agi dans la stricte légalité et dans la plus parfaite honnêteté. Mais j'ai commis une erreur: en travaillant avec mes proches, j'ai privilégié une collaboration de confiance qui aujourd'hui, suscite la défiance. Le temps, l'époque, a changé. J'ai décidé de mon propre chef d'interrompre cette collaboration en 2013. J'aurais sans doute dû le faire avant. Je vous dois donc des excuses", répète-t-il dans sa lettre. 

Selon le Canard Enchaîné, si le contrat de Penelope Fillon s'est arrêté à cette époque, c'est parce que le couple redoutait la mise en place de la loi Cahuzac, qui oblige les élus à mentionner le salaire de leurs conjoints dans leur déclaration de patrimoine à la Haute autorité. 

"Désormais, c'est à vous de décider et à vous seuls. Faites-le en conscience et faites-le avec exigence", conclut le candidat LR. 

Après les révélations du Canard Enchaîné, le parquet national financier a ouvert une enquête pour "détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits". L'enquête porte aussi sur les emplois comme assistants parlementaires de deux enfants du candidat à la présidentielle.

E. H.