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2017: le camp Fillon affine sa stratégie contre l'adversaire Macron

François Fillon lors du Conseil national Les Républicains le 14 janvier 2017

François Fillon lors du Conseil national Les Républicains le 14 janvier 2017 - THOMAS SAMSON / AFP

Devenu un sérieux adversaire pour François Fillon, Emmanuel Macron est la cible des critiques des proches du candidat Les Républicains à la présidentielle. Tout en l'attaquant sur son héritage politique, l'équipe Fillon entend aussi lui reprocher son absence de programme précis.

Emmanuel Macron, donné troisième homme au premier tour de la présidentielle selon plusieurs sondages, est devenu depuis peu la cible principale du camp Fillon. Déjà en décembre dernier, le fondateur du mouvement En marche! commençait à inquiéter le candidat Les Républicains à l'élection présidentielle. Depuis, François Fillon affine sa stratégie face à l'ancien ministre de l'Economie.

"Le grand flou" Macron

Alors qu'elle l'attaque déjà sur plusieurs points, son équipe attend de connaître le programme du candidat En marche! pour le critiquer, explique Patrick Stefanini, le directeur de campagne de François Fillon, à L'Opinion ce lundi. Même ton chez Valérie Pécresse dans le JDD. "Macron c'est le grand flou", estime la présidente de la région Ile-de-France, "on ne sait pas ce qu'il veut et j'attends qu'il clarifie sa position sur toute une série de sujets: chômage, dépenses publiques, impôts, sécurité". 

En attendant le programme, le camp Fillon entend replacer Emmanuel Macron à gauche, en rappelant qu'il est l'héritier de François Hollande. Samedi, François Fillon assurait devant Les Républicains: "Moi je veux redresser la France. A gauche, on veut l'assister dans son déclin, monsieur Macron compris".

"Un dédain de classe certain"

Dans L'Opinion, Gérard Larcher reprend le slogan de campagne du candidat pour mieux rappeler son bilan au ministère de l'Economie: "Macron continue sa marche mais il avait écrit l'ordre de marche de François Hollande". Valérie Pécresse le décrit en "ultime avatar de François Hollande". Et lorsque Emmanuel Macron parle de priorité à l'école dans les Hauts-de-France, Gérald Darmanin lui rappelle le bilan du quinquennat de François Hollande en matière d'éducation. 

Chez Les Républicains, on définit aussi François Fillon comme un candidat en dehors de "l'establishment" alors qu'Emmanuel Macron serait celui des élites. Après avoir déclaré que "l'alcoolisme et le tabagisme se sont peu à peu installées dans le bassin minier" des Hauts-de-France, le candidat En marche! a été repris une nouvelle fois par Gérald Darmanin. Le maire de Tourcoing a vu des "insultes" dans les propos d'Emmanuel Macron, marquées par "un dédain de classe certain". 

Et si François Fillon s'exprime peu contre Emmanuel Macron, c'est parce que "ce n’est pas à Fillon de cogner Macron mais à ses snipers", explique un stratège de la campagne au MondeEn charge aux membres de l'équipe de campagne de François Fillon de s'attaquer à son rival, quand le candidat, lui, est chargé de défendre son propre projet. 

Mélanie Longuet