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Code du travail: Mélenchon promet à Macron de continuer le combat

Le leader de La France insoumise a motivé ses troupes ce samedi place de la République, rappelant que "la bataille" contre la réforme du Code du travail ne faisait que "commencer".

À l'appel de Jean-Luc Mélenchon, des milliers de personnes ont défilé à Paris ce samedi après-midi pour s'opposer à la réforme du Code du travail par ordonnances, perçue comme un "coup d'Etat social". La mobilisation s'est conclue par un discours du leader de la France insoumise, qui a commencé par saluer tous les Français "venus de si loin, de toute la France".

Alors que le 8 septembre Emmanuel Macron expliquait qu'il ne céderait ni aux "fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes" qui s'opposent à sa réforme du Code du travail, Jean-Luc Mélenchon contre-attaque. 

"Vous êtes la fierté et l'honneur de la patrie qui ne se laisse pas insulter" a-t-il lancé, assurant que personne n'avait jamais traité les Français de "fainéants, d'emmerdeurs ou de névrosés". 

"C'est la rue qui a abattu les rois, les nazis, le plan Juppé et le CPE..."

Jean-Luc Mélenchon a également a répondu à l'idée avancée par le président le 19 septembre dans une interview à la chaîne américaine CNN selon laquelle "la démocratie n'est pas la rue". "C'est la rue qui a abattu les rois, les nazis, le plan Juppé et le CPE...", a martelé l'insoumis. "Vous êtes les indignés qui n'acceptent pas qu'on leur parle sur ce ton. On a appris que la démocratie, ce ne serait pas la rue? Monsieur le Président, il vous reste à consulter l'Histoire de France!", a-t-il poursuivi devant les "150.000" personnes présentes [30.000 seulement selon la police].

Cette fois-ci, c'est à la "rue" de dire non au "dumping social" que constitue les "ordonnances Macron", assure le leader de la France insoumise. "C'est nous la force déterminée et tranquille qui portons la paix dans les relations sociales". Le député précise également que les parlementaires n'ont pas "discuter une seule ligne, une seule page de ses ordonnances".

"Soit chacun pour soi, soit tous ensemble"

Ce vendredi, Emmanuel Macron a signé les ordonnances réformant le droit du travail. Mais l'élu des Bouches-du-Rhône promet que "pour que les ordonnances aient force de loi, il faut qu'elles repassent devant le Parlement. La bataille n'est pas finie, elle commence". "Avant la ratification des ordonnances par le Parlement, je souhaite, avec les organisations syndicales, et nous sommes prêts à nous ranger derrière elle, une action forte et dense", a-t-il assuré en évoquant la possibilité de "déferler à un million sur les Champs-Elysées". 

Pour mener à bien cette lutte, l'ancien candidat à la présidentielle a appelé ses troupes à organiser dans les jours qui viennent des "casserolades", pour "empêcher de dormir" ceux qui les "empêchent de rêver". Par ailleurs, pour Jean-Luc Mélenchon, cette "résistance" ne pourra se faire sans les syndicats, les retraités, mais aussi la jeunesse: "tout le pays est appelé à la lutte". 

"Mettez-vous en mouvement" a-t-il répété trois fois de suite en s'adressant tout particulièrement aux jeunes, ajoutant: "entrez dans la lutte, car vous serez les premières victimes des ordonnances". "Aidez vos parents, aidez la part de notre peuple qui est la plus en difficulté, qui a tant besoin de renfort", a-t-il poursuivi. Mardi 12 septembre, lors de la manifestation à l'appel de la CGT, seuls les étudiants de l'Unef se sont joints à la manifestation. "Nous devons faire un choix: soit chacun pour soi, soit tous ensemble", a-t-il conclu. 
M.P