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"Fainéants", "pas réformable": Macron regrette des "phrases sorties de leur contexte"

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- - Illustration - Emmanuel Macron - TIZIANA FABI / AFP

Mercredi à New York, le chef de l'Etat est revenu sur ses termes qui ont fait polémique ces derniers jours. Il accuse les journalistes d'avoir "sorti les phrases de leur contexte".

Entre Emmanuel Macron et les journalistes, la vie n'est pas toujours un long fleuve tranquille. Mercredi à New York, le chef de l'Etat est revenu sur les termes qui ont déclenché une forte polémique ces dernières semaines: "la France n'est pas un pays qui se réforme", avait-il déclaré lors d'un déplacement e Grèce. "Je ne cèderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes". Des termes qui lui avaient valu les foudres de l'opposition, entraînant un rétropédalage de l'Elysée.

Maladresse de la part du Président? Non: selon l'intéressé, c'est plutôt la presse qui sort ces phrases de leur contexte.

"Je n'ai jamais dit que la France n'était pas réformable, mais je m'amuse avec ce paradoxe, de dire qu'elle ne se réforme pas, elle se transforme", a expliqué Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse concluant son séjour à l'Assemblée générale de l'ONU. "Je n'ai jamais parlé des Français comme des fainéants, je parlais de ceux qui n'ont pas fait de réforme et veulent laisser le monde tel qu'il va, tout ceux qui ont cette posture d'esprit."

Macron réclame "un peu de rigueur collective"

Coupables, donc: "les intermédiaires qui sortent les phrases de leur contexte, pas le locuteur. J'ai fait un discours important à Athènes, vous avez choisi une phrase sortir de son contexte. C'est votre choix éditorial".

"Si à chaque fois que je prononce quelque chose, on cherche à l'envoyer hors contexte, dans un jeu permanent où le tweet répond au tweet, en sortant de son sens profond, cela conduit à la stérilisation de la parole politique. A la langue de bois. A tout ce qui conduit vers les populismes car les seuls qui finissent par parler avec des mots normaux, ce sont les extrêmes", a-t-il fait valoir. "Je revendique le droit à dire les choses de manière nette, c'est tout. De manière apaisée, sans aucune agressivité ni invective."

"Il faut un peu de rigueur collective, et que le journalisme ne soit pas à la recherche de la sensation. J'ai tenu ici à l'ONU un discours beaucoup plus important qu'une phrase dans une interview américaine. J'en appelle à une exigence réciproque", a-t-il poursuivi.

Sur la phrase en question tenue sur CNN, où il estimait que la démocratie ne se fait pas dans la rue, "c'est factuel", a-t-il répondu. "Nous avons un cadre démocratique avec des élections et la démocratie ne peut pas être un système qui est bon tant qu'on gagne. D'aucuns ont tendance à considérer qu'il en est ainsi." 

A. K. avec AFP