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Brigitte Macron sur le harcèlement: "Je pousse à rompre le silence"

Brigitte Macron lors de la dictée annuelle organisée par l'Association ELA

Brigitte Macron lors de la dictée annuelle organisée par l'Association ELA - Patrick KOVARIK / AFP

Brigitte Macron a salué le courage des femmes qui témoignent des agressions dont elles ont été victimes. "Quelque chose est en train de se passer", a-t-elle assuré.

Brigitte Macron s’engage. Alors qu’elle visitait un établissement scolaire à Paris lundi après-midi à l’occasion de la dictée annuelle organisée par l’Association européenne contre les leucodystrohies, la Première dame a réagi au scandale Weinstein qui a poussé de nombreuses femmes, victimes de harcèlement sexuel, à témoigner sur les réseaux sociaux à travers le hashtag #balancetonporc: "Je suis très heureuse que les femmes parlent. Peut-être que ce sera un mal pour bien", a déclaré Brigitte Macron.

Dans la soirée, l’épouse du président s’est rendue au théâtre Antoine pour assister à la pièce Les chatouilles (Ou la danse de la colère) d’Andréa Bescond dans laquelle la comédienne met en scène son propre viol. Une soirée prévue de longue date mais qui, hasard du calendrier, tombe en plein débat sur le harcèlement sexuel.

"Ca suffit. Je pense que tout cela doit s’arrêter très vite. La libération de la parole, c’est ce qui peut arriver de mieux. Elles sont très courageuses de le faire. Je pousse vraiment à rompre le silence. C’est formidable. Quelque chose est en train de se passer, vraiment", a ajouté la Première dame à la sortie du thêatre, faisant une nouvelle fois référence aux témoignages de femmes qui se multiplient sur les réseaux sociaux.

Brigitte Macron accompagnée par des membres du gouvernement

Benjamin Griveaux, Marlène Schiappa, Nicole Belloubet… De nombreux membres du gouvernement étaient présents aux côtés de Brigitte Macron pour assister à la représentation. Une manière de montrer que le sujet du harcèlement constitue une priorité pour l’exécutif.

Andréa Bescond a pour sa part profité de la présence de ce public prestigieux l'interpellant sur ses moyens d'action: "Aujourd’hui, il faut faire un vrai pas dans la loi. Donc, s’il vous plaît, messieurs, mesdames les députés, sénateurs, sénatrices, secrétaires d’État, ministres… Aujourd’hui, vous avez le pouvoir de le faire et vous en avez le devoir", a lâché la comédienne.

L'allongement de la durée de presciption mis sur la table

Les secrétaires d’État et ministres se sont enfin prêtés à l'exercice du débat sur la scène du théâtre Antoine. Marlène Schiappa, secrétaire d’État en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes a assuré que le gouvernement "ouvre la discussion sur l’allongement de la durée de prescription". "L’engagement de campagne du président de la République, c’était d’aller jusqu’à trente ans, donc de gagner encore dix ans. De passer de vingt à trente ans pour les crimes sexuels commis sur des mineurs", a-t-elle précisé.

De son côté, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a assuré qu’il était "important que la parole soit très présente", que "les femmes puissent dire ce qu’elles vivent". "Je crois qu’il ne faut pas tomber dans des excès qui aboutissent à de la délation mais je crois que ce n’est pas le cas pour le moment", a-t-elle conclu.

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Paul Louis