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Affaire Benalla: la position intenable d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron garde le silence tandis que l'affaire Benalla s'installe dans la durée sans perdre en intensité. Sur BFMTV, le communicant Philippe Moreau-Chevrolet et l'éditorialiste politique, Bruno Jeudy, ont analysé la difficulté de la position du président de la République.

L'affaire Benalla fait de plus en plus de bruit mais Emmanuel Macron garde le silence derrière les murs de l'Elysée. Alors que la commission des lois a mené ce lundi ses premières auditions dans le cadre de l'enquête parlementaire, entendant Gérard Collomb puis le préfet de police Michel Delpuech, certains parlementaires ont réclamé la venue du président de la République pour une séance similaire. Sur BFMTV lundi soir, le communicant Philippe Moreau-Chevrolet a rejeté une telle option:

"Non, ça n’est ni sa place ni son rôle. Ce serait s’associer à l’affaire Benalla d’abord, jusqu’à présent il a pris ses distances, c’est le moins que l’on puisse dire. Ça n’a pas été très efficace forcément mais son image et son discours ne sont pas encore associés à cette affaire."

"Il n'aura que des coups à prendre" 

Il est allé plus loin, soulignant que, selon lui, Emmanuel Macron devait, encore, temporiser, et prendre des mesures avant de s'exprimer publiquement: "Il ne peut prendre la parole que quand tout sera réglé, quand le ménage aura été fait à l’Elysée, s’il doit l’être, dans le gouvernement, s’il doit l’être, et qu’on ait un peu de clarté. S’il intervient en pleine période chaude, il n’aura que des coups à prendre."

D'après Philippe Moreau-Chevrolet, la position actuelle du chef de l'Etat tient d'un épineux paradoxe:

"En gros, il n’y a pas de bonne solution. S’il ne parle pas, c’est un problème. S’il parle, c’est un problème. Tout ça, parce qu’on a raté la séquence initiale il aurait fallu dès la matinée où l’affaire est sortie, il aurait fallu se distancier, virer ces personnes, dire qu’on n’était pas du tout de leur côté."

"La stratégie de Macron n'était pas la bonne" 

Editorialiste politique de BFMTV, Bruno Jeudy, a lui aussi pointé cette erreur originelle: "Emmanuel Macron sait maintenant qu’il y a une mauvaise décision dès le départ. C’est celle de cette sanction largement sous-estimée par rapport aux faits, maintenant Benalla est mis en examen." Tenant compte des propos qui ont été rapportés d'Emmanuel Macron dimanche soir, il a poursuivi: "Après, Emmanuel Macron, dans les propos qu’il a fait fuiter hier soir, a parlé de ‘dysfonctionnements internes’ donc il commence à tirer les leçons, sans doute tard, de ce qu’il s’est passé. On voit qu’il va y avoir un remaniement à l’Elysée."

Plus largement, Bruno Jeudy a constaté que la stratégie mise en place jusqu'ici par Emmanuel Macron "n'était pas la bonne", dans la mesure où ce dernier espérait que les choses se tassent d'elles-mêmes. Enfin, il a noté que la journée de lundi, marquée par les auditions, n'avait pas été bonne pour Emmanuel Macron:

"Pour Emmanuel Macron, la situation politique est extrêmement compliquée. En plus ce matin, il espérait lancer une riposte médiatique. On a vu ses chevaux-légers se déployer dans les médias, avec plus ou moins de réussites. Et puis, il y a eu cette audition. Il faut reconnaître que Gérard Collomb (…) n’a pas été très convaincant et surtout il est pris à revers cet après-midi par le préfet."

Robin Verner