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Affaire Benalla: Collomb se dédouane, charge le préfet de police et le cabinet de l'Élysée

Gérard Collomb peut avant le début de son audition par la commission des Lois de l'Assemblée nationale le 23 juillet

Gérard Collomb peut avant le début de son audition par la commission des Lois de l'Assemblée nationale le 23 juillet - GERARD JULIEN / AFP

Devant la commission des Lois de l'Assemblée nationale ce lundi, le ministre de l'Intérieur a insisté sur le fait qu'il ne lui appartenait pas de transmettre à la justice les informations concernant les agissements de l'ancien collaborateur du président.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb s'est défendu ce lundi, lors d'une audition à l'Assemblée nationale, de toute faute personnelle dans la gestion de l'affaire Benalla, renvoyant la responsabilité d'éventuels manquements au préfet de police et au cabinet du président.

Le ministre de l'Intérieur était entendu ce lundi matin par la commission des Lois de l'Assemblée, dotée de prérogatives d'enquête, après que plusieurs personnalités de droite comme de gauche avaient appelé à sa démission. Il s'est défendu vigoureusement dans un propos liminaire, avant de répondre au flot de questions des députés.

Pas à lui "de transmettre les éléments"

Gérard Collomb a affirmé avoir été informé le lendemain des faits par son cabinet de l'existence de la vidéo sur laquelle on voit Alexandre Benalla frapper et malmener deux manifestants en présence d'un autre observateur, Vincent Crase, employé de La République en marche (LREM). Il a cependant estimé que ce n'était pas à lui de saisir la justice de ces actes qu'il a de nouveau condamnés "avec la plus grande fermeté".

"Ce n'est pas au ministre qu'il appartient de le faire" a-t-il poursuivi, ajoutant qu'il considère "que c'est à ceux qui sont en responsabilité dans leurs administrations, au plus près du terrain, de recueillir les éléments permettant de justifier la transmission d'un signalement au titre de l'article 40" du Code de procédure pénale.

Il a également souligné que le 2 mai, il s'était "assuré que tant le cabinet du président de la République que le préfet de police avaient été destinataires de l'information. Je pensais, comme c'est la règle, que les mesures appropriées avaient été prises. C'était à eux de prendre les sanctions et éventuellement d'informer les autorités judiciaires".

D'autres auditions à suivre

Le préfet de police Michel Delpuech, est également entendu par la même commission ce lundi, alors que le ministre de l'Intérieur se rendra mardi devant la commission d'enquête sénatoriale. Autre audition possible: celle mercredi du directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strozda.

Devant la Commission, Gérard Collomb a déclaré qu'il ignorait qu'Alexandre Benalla était conseiller à l'Elysée, et qu'il n'avait pas été prévenu de la présence, lors de la manifestation du 1er mai, de deux observateurs avec les policiers.

L'agenda parlementaire bouleversé

L'affaire a bouleversé l'agenda politique et paralysé l'Assemblée: l'examen de la révision constitutionnelle a dû être suspendu jusqu'à nouvel ordre face au chaos provoqué dans l'hémicycle par ce scandale. 

Les réactions politiques se sont multipliées à l'issue de l'audition de Gérard Collomb, alors que le chef de l'Etat, qui s'exprimera publiquement "quand il le jugera utile", a demandé au secrétaire général de l'Elysée de "mener la réorganisation pour éviter qu'un tel dysfonctionnement se reproduise".

Peu avant l'audition, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a assuré que le président était "extrêmement déterminé à ce que la vérité puisse être établie". Dimanche soir, l'entourage d'Emmanuel Macron, a fait savoir que le chef de l'Etat jugeait "inacceptables" les faits reprochés à Alexandre Benalla tout en promettant qu'il n'y aurait "pas d'impunité".

Enquête confiée à la "police des polices"

Parallèlement à l'enquête parlementaire, une enquête administrative a été confiée à la "police des polices" qui devrait remettre son rapport "à la fin de cette semaine", selon le président de l'Assemblée nationale François de Rugy.

Sur le plan judiciaire, en plus d'être mis en examen, Alexandre Benalla et Vincent Crase ont été soumis à un contrôle judiciaire qui leur interdit d'exercer une fonction publique ou une mission de service public, de détenir une arme et d'entrer en contact avec d'autres protagonistes de l'affaire.

Déjà suspendus, les trois policiers de la préfecture de police de Paris mis en cause ont également été mis en examen, pour "détournement d'images issues d'un système de vidéoprotection" et "violation du secret professionnel".

L.D., avec AFP