BFMTV

Attentats du 13 novembre: un rapport met en évidence une erreur des services belges

Salah Abdeslam a été contrôlé par les gendarmes français et s'est arrêté dans une station-service lors de son retour vers la Belgique.

Salah Abdeslam a été contrôlé par les gendarmes français et s'est arrêté dans une station-service lors de son retour vers la Belgique. - Capture BFMTV

La commission parlementaire sur les attentats de Paris va rendre son rapport mardi. Elle pointe notamment le retard des Belges à transmettre à la France leurs informations sur la radicalisation du seul survivant des commandos du 13 novembre.

Une radicalisation portée trop tardivement à la connaissance des autorités françaises. Un rapport de la commission parlementaire sur les attentats du 13 novembre pointe une erreur des services de renseignements belges qui ont trop tardé à communiquer l'appartenance de Salah Abdeslam, l'unique survivant des commandos du 13 novembre, à la mouvance jihadiste. Les conclusions du rapport doivent être rendues public mardi.

Ce dysfonctionnement pourrait être à l'origine de la fuite pendant quatre mois du terroriste présumé. Le 14 novembre dernier, quelques heures après les attaques de Paris, Abdeslam est contrôlé par des gendarmes Cambrai, à quelques kilomètres de la frontière franco-belge, en compagnie de deux autres hommes, Mohamed Abrini et Hamza Attou, venus le chercher à Paris pour le ramener en Belgique.

Abdeslam relâché au bout de 30 minutes

Il est 9 heures du matin passé, Salah Abdeslam va donner ses vrais papiers d'identité aux gendarmes français. Ces derniers vont retenir le véhicule, le terroriste présumé ayant été inscrit par les autorités belges au fichier européen, le Système d'information Schengen (SIS II) pour des faits de droit commun. Au bout de trente minutes, le trio est autorisé à poursuivre son chemin.

Il faudra attendre le 22 mars pour mettre la main sur celui qui a au moins eu un rôle logistique dans les attentats du 13 novembre. "Les gendarmes français ont respecté la procédure habituelle, ils ont même fait du zèle, quelques heures après les attentats, en le gardant plus longtemps qu'à l'ordinaire", a expliqué à l'AFP le député socialiste Sébastien Pietrasanta. Plus d'une heure après que les gendarmes ont laissé repartir Salah Abdeslam, les autorités belges informent les Français de son appartenance à la mouvance jihadiste. Les gendarmes reçoivent alors l'ordre de l'interpeller, trop tard.

Il est alors reproché aux services de renseignements belges de ne pas avoir signalé dans le fichier européen la radicalisation de celui qui réside à Molenbeek. "Mais alors que Salah Abdeslam était connu des services belges comme appartenant à la mouvance jihadiste, pour quelle raison cette information ne figurait pas dans le fichier?", s'interroge le rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats.

J.C. avec AFP