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Les 4 jours qui ont perdu Salah Abdeslam

Au coeur de la logistique et au plus près des tueries, Salah Abdeslam est un personnage clef des attentats du 13 novembre à Paris. Le film des événements des quatre derniers jours de traque, jusqu'à son arrestation vendredi et son inculpation pour "meurtres terroristes".

Soupçonné d'un rôle-clé de logisticien dans les attentats du 13 novembre à Paris (130 morts), Salah Abdeslam, un Français d'origine marocaine de 26 ans résident de Molenbeek, en Belgique, avait disparu depuis son exfiltration de Paris au lendemain des attentats. Faisant l'objet depuis le 24 novembre d'un mandat d'arrêt européen, il a été interpellé vendredi à Bruxelles. 

Le film des événements des quatre derniers jours, depuis la perquisition d'un appartement dans la commune bruxelloise de Forest mardi jusqu'à son inculpation samedi.

> Mardi 15 mars

Aux alentours de 15 heures, une fusillade éclate rue du Dries à Forest, dans le sud-ouest de la capitale belge, en marge d’une perquisition liée aux attentats de Paris. À ce moment, les policiers ne visent pas Salah Abdeslam, mais d’autres personnes liées à l’enquête. 

Les enquêteurs sont accueillis par des tirs de kalachnikov. Un assaut est mené contre l'appartement où plusieurs suspects sont retranchés. L'un d'eux est tué par un tireur d'élite, deux autres réussissent à prendre la fuite. Trois policiers belges et une policière française sont blessés.

L’ADN de l’ennemi public numéro 1 va être retrouvé. Des traces papillaires sur un verre témoignent de la présence récente de Salah Abdeslam dans l’appartement. Les enquêteurs en sont convaincus: c’est lui, ce jour-là, qui s’enfuit avec un complice par les toits. Il appelle alors un ami connu pour sa radicalisation, Abid Aberkan, chargé de lui trouver un logement.

> Jeudi 17 mars

Vers 15h30, le même Abid Aberkan assiste avec une vingtaine d’autres personnes à l’inhumation de Brahim Abdeslam, le frère de Salah mort en kamikaze boulevard Voltaire le 13 novembre. La cérémonie, dans la banlieue de Bruxelles, est surveillée de très près par les policiers: ils contrôlent tous les participants, et selon certaines sources, recueillent des informations précieuses. Les médias belges s’interrogent: l’enterrement a-t-il précipité l’interpellation d’Abdeslam le lendemain?

> Vendredi 18 mars

Ce serait aussi des appels téléphoniques qui auraient permis de localiser Salah Abdeslam dans sa planque bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean. Abrité chez la mère d’Abid Aberkan, figure décidément centrale de ses derniers jours de cavale. Le suspect-clé des attentats de novembre, blessé à une jambe, est arrêté. 

Le Premier ministre belge confirme l'interpellation de Salah Abdeslam dans une déclaration à la presse en présence du président François Hollande, venu à Bruxelles pour un sommet européen. Le président français dit s'attendre à ce "que les autorités belges répondront le plus favorablement possible, le plus rapidement possible" à une demande d'extradition.

En milieu de soirée, le parquet précise que le complice appréhendé et légèrement blessé avait utilisé ces derniers mois de fausses identités au nom de Monir Ahmed Alaaj et Amine Choukri. Trois "membres de la famille qui hébergeait" Abdeslam à Molenbeek sont également interpellés.

> Samedi 19 mars

Salah Abdeslam est extrait de l'hôpital Saint-Pierre de Bruxelles, où il était soigné avec son complice, pour être entendu au siège de la police fédérale belge. Sven Mary, l'avocat du seul survivant des attentats de Paris, annonce que son client "collabore avec la justice belge" mais qu'il refusera son extradition vers la France. Salah Abdeslam est inculpé pour "meurtres terroristes et participation aux activités d'un groupe terroriste", selon le parquet belge.

V.R. avec Julien Migaud-Muller, Alexis Cuvillier