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Quel avenir judiciaire pour Salah Abdeslam?

Le suspect-clé des attentats de Paris a été présenté à un juge fédéral belge à la mi-journée. Selon son avocat, il collabore avec la justice belge mais va refuser son extradition vers la France.

Salah Abdeslam, inculpé samedi en Belgique pour "meurtres terroristes et participation aux activités d'un groupe terroriste", va refuser d'être extradé vers la France. C'est son avocat, Sven Mary, qui a annoncé la nouvelle aux médias samedi en début d'après-midi, à l'issue de l'audition du terroriste présumé par une juge belge au sein des locaux de la police fédérale à Bruxelles.

"Il collabore avec la justice belge, mais on refusera l'extradition vers la France", a indiqué l'avocat. Selon lui, Salah Abdeslam, "alité" après avoir été blessé au genou la veille lors de son arrestation, a admis être à Paris le soir des attentats. "Il y était", a simplement déclaré l'avocat. 

Une extradition désormais retardée

Ce refus d'être extradé vers la France devrait retarder d'au moins deux mois son arrivée devant la justice française. A l'issue de cette journée d'interrogatoires, Salah Abdeslam va être placé en détention préventive dans une prison de haute sécurité, à Bruges. Un centre pénitentiaire dans lequel il existe un dispositif pour isoler les détenus à haut risque, comme Mehdi Nemmouche, tireur présumé dans l'attentat au musée juif de Bruxelles. 

Salah Abdeslam était recherché depuis quatre mois pour son implication dans les sanglants attentats de Paris et Saint-Denis qui ont fait 130 morts le 13 novembre. Le président français François Hollande avait espéré vendredi s'attendre à ce que la Belgique l'extrade "le plus rapidement possible".

Une volonté partagée par les autorités belges: "C'est normal que Salah soit extradé et que la justice française traite le cas", a déclaré le ministre belge de l'Intérieur, Jan Jambon.

Un rôle-clé dans les attentats

Salah Abdeslam est soupçonné d'avoir eu au moins un rôle-clé de logisticien dans ces attaques, revendiquées par le groupe Etat islamique. Quelques jours avant les attentats, il avait loué des voitures et plusieurs logements en région parisienne pour le commando.

Après avoir sans doute convoyé, le soir des tueries, les kamikazes du Stade de France, il avait abandonné une ceinture explosive dans le sud de la capitale française, appelé à la rescousse deux amis bruxellois et échappé à trois barrages policiers sur la route du retour vers Bruxelles.

Le complice arrêté en même temps que lui est connu sous les identités de Amine Choukri et Monir Ahmed Alaaj. Il avait été contrôlé en compagnie de Salah Abdeslam à Ulm en Allemagne le 3 octobre 2015. Ses empreintes, relevées lors de ce contrôle, ont ensuite été retrouvées dans une maison utilisée par le groupe terroriste à Auvelais, dans la région de Namur, qui a servi pour préparer les attentats de Paris.

A. G. avec AFP