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Attentats de Paris: le déroulement des attaques se précise

Moins de deux semaines après les attentats qui ont frappé Paris et Saint-Denis, les enquêteurs ont pu reconstituer la trame précise des événements de la nuit du 13 novembre.

Petit à petit, les zones d'ombre s'estompent. Moins de deux semaines après les attentats de Paris et de Saint-Denis qui ont fait 130 morts le 13 novembre, les enquêteurs ont pu reconstituer, quasiment minute par minute, le parcours des terroristes.

Trois commandos et plusieurs cibles

C'est en fait le 12 novembre que l'opération est lancée. Un convoi de trois voitures quitte Bruxelles à dix minutes d'intervalle, direction Paris. Une Polo, une Seat et une Renault Clio, avec à leurs bords trois commandos aux cibles bien définies.

Le premier d'entre eux, dans la Clio noire, a pour cible le Stade de France, à Saint-Denis. Il transporte quatre hommes, dont Salah Abdeslam, le chauffeur, et Bilal Hadfi. Abdeslam dépose ses passagers, et il est 21h20, le vendredi 13 novembre, quand une explosion retentit aux abords du stade. C'est la première attaque de la soirée, elle sera suivie de deux autres, faisant une victime. Salah Abdeslam, lui, poursuit sa route vers le 18e arrondissement de Paris, où il abandonne la Clio.

Le deuxième commando se manifeste à ce moment-là. Le chef opérationnel Abdelhamid Abaaoud, Brahim Abdeslam et un troisième individu, non identifié, ouvrent le feu sur les terrasses de restaurant, rue Alibert, dans le 10e arrondissement, puis rue de la Fontaine au Roi et rue de Charonne, dans le 11e, faisant plusieurs victimes. À 21h40, le véhicule dépose Brahim Abdeslam boulevard Voltaire, dans le 11e arrondissement. Il se fait exploser sur la terrasse du Comptoir Voltaire, blessant plusieurs personnes.

Au même instant, les trois occupants de la Polo, dont Samy Amimour et Omar Mostefaï, font irruption dans le Bataclan, kalachnikov à la main. Ils tueront quatre-vingt dix personnes avant que les forces de l'ordre ne les neutralisent.

Deux hommes en fuite

Depuis le 18e arrondissement, Salah Abdeslam appelle deux amis à Bruxelles, et leur demande de venir le chercher. Il traverse alors Paris pour se rendre à Montrouge, où son téléphone est localisé près de la station Châtillon-Montrouge du métro 13. Une ceinture d'explosifs est également retrouvée non loin quelques jours plus tard, dans un tas d'ordures. Abdeslam, lui, a pris la route de la Belgique. Il est contrôlé le 14 novembre sur l'A1, près de Cambrai, dans le Nord. Il est aujourd'hui toujours recherché par les autorités européennes.

Abdelhamid Abaaoud fuit de son côté. Il abandonne la Seat à Montreuil, puis prend le métro 9 à la station Croix de Chavaux, vers 22h. Il est visible un peu plus tard sur les vidéos de surveillance de la station Nation, en compagnie d'un autre homme, puis son téléphone est géolocalisé près des lieux des attentats, notamment au Bataclan, au moment-même où la BRI donne l'assaut. Il repart retrouver sa cousine et un autre homme à Aubervilliers, et tous trois seront tués lors de l'assaut du Raid à Saint-Denis, le 18 novembre. Les deux hommes planifiaient alors de nouveaux attentats, à la Défense cette fois-ci.

H. M.