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Attentat au Bataclan: "Nous avons découvert l'enfer sur Terre", raconte un capitaine de la BRI

Les hommes de la BRI sont intervenus au Bataclan mais aussi pendant l'assaut à Saint-Denis.

Les hommes de la BRI sont intervenus au Bataclan mais aussi pendant l'assaut à Saint-Denis. - Kenzo Tribouillard - AFP

Un capitaine de la BRI a livré son témoignage à la chaîne de télévision américaine NBC après les deux assauts menés par ses hommes, vendredi au Bataclan, puis deux jours plus tard à Saint-Denis.

II a peu dormi depuis vendredi soir. Ce capitaine de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) est en première ligne depuis les attentats de Paris. Ce sont ses hommes qui ont donné l'assaut au Bataclan vendredi dernier, alors que deux terroristes retenaient en otage des centaines de spectateurs. Avec les hommes du Raid, ils sont également intervenus lors de l'opération dans un immeuble à Saint-Denis où Abdelhamid Abaaoud, le cerveau présumé des attaques, a été tué. 

"Pour le moment, le sommeil est difficile à trouver", confie-t-il. "Avec toutes ces images de l'assaut dans la salle de spectacle".

Interrogé sur la chaîne de télévision américaine NBC, l'officier de la BRI a raconté ses deux assauts pendant lesquels ses hommes ont essuyé des tirs nourris. Vendredi soir, il se trouve chez lui. Rapidement, en regardant la télévision, il s'est rendu compte "que quelque chose se passait". A 21h40 il reçoit un appel, puis les événements vont s'enchaîner.

"Très difficile" pour la BRI

Lui et ses hommes sont appelés en renfort. Arrivés à l'extérieur du Bataclan, ceux que l'on appelle également l'antigang viennent prendre le relais des premiers policiers arrivés sur les lieux du drame. Lorsqu'ils pénètrent dans la salle de spectacle, ils cherchent à neutraliser les terroristes.

"Nous avons découvert l'enfer sur Terre", se remémore-t-il.

Ce capitaine de la BRI, dont l'anonymat est garanti, parle "du sang" et "des corps" au sol dans une salle "illuminée". Il parle aussi du calme qui régnait dans le Bataclan. "Personne ne criait, personne ne se déplaçait par peur des terroristes". Pièce par pièce, les policiers recherchent les kamikazes, ignorant même les suppliques des victimes, blessées pour certaines à mort. "C'était très difficile pour mes hommes", insiste-t-il.

Continuer à avancer

Une fois localisés, les deux assaillants tentent de négocier. L'un d'entre eux réclame un téléphone. "Ce n'était pas vraiment une négociation", explique l'officier de la BRI. "Ils voulaient juste préparer leur assaut final, ils ne voulaient pas négocier quoi que ce soit". Puis le feu vert est lancé par ses supérieurs: les hommes de l'antigang doivent mener l'assaut. 

Son équipe retranchée derrière un bouclier ouvre les portes, les coups de feu sont immédiats. Plus de 25 impacts de balle seront retrouvés sur le bouclier. Un membre de son commando est blessé: "Nous ne pouvions pas nous occuper de lui".

"Nous ne pouvions pas nous permettre de pause", poursuit-il.

Mais avec la présence d'une vingtaine de civils utilisés par les terroristes comme bouclier humain, impossible pour la BRI de tirer. "C'était... trop risqué pour les otages mais nous continuons d'avancer", explique-t-il à la télévision américaine. Les policiers persévèrent, protégés derrière leur bouclier, avançant malgré les obstacles "inattendus". A force d'avancer, les terroristes se sont retrouvés "dans une impasse". Une premier grenade assourdissante est lancée, puis une seconde, avant que les kamikazes activent leur ceinture d'explosifs.

Six jours après cette opération, le chef de l'antigang ne sait même plus combien d'otages lui et ses hommes ont réussi à libérer. Mais croit avoir réussi à sauver beaucoup de vies.

J.C.