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Terroristes identifiés, liens avec la Belgique: ce que l'on sait de l'enquête sur les attentats à Paris

Des policiers montent la garde sur le périmètre de sécurité dressé autour du Bataclan.

Des policiers montent la garde sur le périmètre de sécurité dressé autour du Bataclan. - Patrick Kovarik - AFP

L'enquête sur les attentats du 13 novembre à Paris a largement progressé ce lundi, permettant d'identifier un certain nombre des kamikazes, ainsi que des ramifications avec la Belgique. BFMTV.com fait le point.

Sept terroristes sont morts vendredi soir lors des attentats à Paris. Parmi eux, cinq ont été identifiés à ce jour. Un sixième terroriste qui n'a pas été tué lors des opérations est en fuite depuis, et est activement recherché par les polices française et belge. Passage en revue.

>> Au Bataclan: deux suspects, un 3e non identifié

Omar Ismaïl Mostefaï, Français, kamikaze au Bataclan. Né en 1986 à Courcouronnes, dans l'Essonne, il avait été condamné à plusieurs reprises pour des délits de droit commun, et fiché pour sa radicalisation islamiste depuis 2010. Il a été identifié grâce aux empreintes digitales, prélevées sur un de ses doigts sectionnés.

Sept membres de son entourage familial, avec lesquels il ne semblait guère plus avoir de liens depuis trois ans, sont en garde à vue. Ils ont indiqué aux enquêteurs qu'il était parti en Syrie en 2013. 

Des policiers devant le Bataclan, le 16 novembre 2015, trois jours après les attentats à Paris.
Des policiers devant le Bataclan, le 16 novembre 2015, trois jours après les attentats à Paris. © Bertrand Guay - AFP

Samy Amimour, Français, kamikaze au Bataclan. Né à Paris en 1987, il avait gagné la Syrie en 2013, un an après avoir été mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste". Il était à l'époque soupçonné de nourrir "un projet de départ avorté vers le Yémen". Après son départ, un mandat d'arrêt international avait été émis à son encontre.

Deuxième d'une fratrie de trois, Samy Amimour a toujours vécu chez ses parents et a travaillé 15 mois comme chauffeur de bus à la RATP, avant de démissionner en 2012. Ses parents, des Français d'origine algérienne qui "fêtent Noël autant que l'Aïd", ont tout tenté depuis deux ans pour le faire rentrer en France.

>> Sur les terrasses de Paris: deux suspects

Brahim Abdeslam, Français, kamikaze boulevard Voltaire. Âgé de 31 ans, il s'est fait exploser vendredi sur la terrasse du café Comptoir Voltaire, faisant trois blessés graves. Selon les autorités belges, Brahim Abdeslam avait fait un séjour en Turquie, et très probablement en Syrie, à une date non confirmée. D'après Le Parisien, ce Français vivait en Belgique, à Molenbeek, où il tenait un café considéré comme "un repaire de voyous" par le voisinage. Le lieu faisait l'objet d'une fermeture administrative depuis août dernier après des soupçons de trafic de stupéfiants.

Salah Abdeslam, Français, encore vivant et en cavale. Il est le frère de Brahim, kamikaze du boulevard Voltaire, et est actuellement recherché. Né à Bruxelles il y a 26 ans, le jeune homme a loué la Polo noire qui a été utilisée par les trois assaillants au Bataclan. Lundi, la police belge a mené une opération massive à Molenbeek pour tenter de l'interpeller.

Il a été en contact avec la police samedi quelques heures après les attaques meurtrières, à la frontière belge. Lui et deux autres passagers ont fait l’objet d’un contrôle routier fortuit, mais le jihadiste n'était pas encore identifié à ce moment-là comme étant impliqué dans le dossier.

Salah Abdeslam, soupçonné d'être impliqué dans les attentats de Paris, est activement recherché.
Salah Abdeslam, soupçonné d'être impliqué dans les attentats de Paris, est activement recherché. © PN - BFMTV

>> Stade de France : deux suspects

Bilal Hafdi, Français, kamikaze au Stade de France. Agé de 20 ans, Bilal Hafdi résidait en Belgique. Il a été identifié dès dimanche par les enquêteurs. Il fait partie des trois hommes qui se sont faits exploser aux alentours du Stade de France, vendredi soir, après avoir tenté de pénétrer dans l'enceinte Selon une source proche du dossier, il avait combattu en Syrie dans les rangs de l'Etat islamique, en mars dernier.

Bilal Hadfi, kamikaze des attentats à Paris, dans une photo non datée.
Bilal Hadfi, kamikaze des attentats à Paris, dans une photo non datée. © Het Laatste Nieuws - BFMTV

Ahmad al Mohammad, Syrien, kamikaze au Stade de France. L'identité de cet homme né en 1990 à Idlib, en Syrie, reste encore à confirmer par les enquêteurs.

Toutefois, il existe une concordance entre les empreintes papillaires du cadavre, retrouvé à proximité du stade vendredi soir, et celles relevées lors d'un contrôle de migrants en Grèce, en octobre dernier.

Ahmad al Mohammad, qui a emprunté la route des migrants, est soupçonné d'être l'un des kamikazes de vendredi à Paris.
Ahmad al Mohammad, qui a emprunté la route des migrants, est soupçonné d'être l'un des kamikazes de vendredi à Paris. © BFMTV

>> Le commanditaire présumé

Il s'agit d'Abdelhamid Abaaoud, dit Abou Omar al-Soussi. Ce jihadiste belge d'origine marocaine, âgé de 27 ans, est une figure connue des services de sécurité belges et français, qui le traquent depuis plusieurs mois dans le cadre de différentes enquêtes en lien avec le terrorisme.

Lui connaissait Salah Abdeslam, tous les deux ont été condamnés pour des braquages commis ensemble en 2010 et 2011. Par ailleurs, il aurait demandé en août dernier à un jihadiste français de frapper dans une salle de concerts.

Abdelhamid Abaaoud, dans une photo non datée.
Abdelhamid Abaaoud, dans une photo non datée. © BFMTV

>> Les liens avec la Belgique

L'artificier soupçonné d'avoir préparé les explosifs est un Belge. Il s'agit de Mohamed Amri, âgé de 27 ans. Il a été interpellé lundi à Molenbeek, ville d'où sont originaires de nombreux jihadistes mêlés à des affaires terroristes. A son domicile, les enquêteurs ont notamment retrouvé du nitrate, pouvant être utilisé dans la confection d'explosifs.

Autre point de l'enquête, appris par BFMTV auprès d'une source proche du dossier: vendredi, après les attentats, Salah Abdeslam a contacté deux amis belges pour venir le chercher à Paris. Parmi eux, Mohamed Amri, l'artificier présumé. Ce sont eux trois que des policiers ont contrôlé fortuitement samedi matin à la frontière belge, sans savoir encore qu'ils étaient recherchés. 

Alexandra Gonzalez avec le service police-justice de BFMTV